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Le Xiaomi SU7 a atteint 500 000 livraisons en 28,5 mois. Le rythme est impressionnant, mais l’objectif pour 2026 s’éloigne.

Le Xiaomi SU7 a atteint 500 000 livraisons en 28,5 mois. Le rythme est impressionnant, mais l’objectif pour 2026 s’éloigne.

Xiaomi a annoncé le 17 août que la série SU7 avait dépassé les 500 000 unités livrées au total, 28,5 mois après son lancement sur le marché. C’est un résultat impressionnant pour la première voiture de la marque, mais on constate en même temps que la croissance de l’entreprise a nettement ralenti en 2026, rendant le plan de ventes annuel très ambitieux.

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Pour un lecteur en Europe, deux éléments sont particulièrement intéressants aujourd’hui. Premièrement, Xiaomi sait rapidement élargir sa production. Deuxièmement, le succès du SU7 ne signifie pas pour autant que l’entreprise parviendra à tenir toutes les promesses faites pour cette année.

500 000 SU7 et 760 000 voitures Xiaomi au total

Le premier Xiaomi SU7 est apparu le 28 mars 2024, et les livraisons ont commencé le 3 avril 2024. Depuis, la gamme a été complétée par le SU7 Ultra présenté le 27 février 2025, ainsi que par une nouvelle génération de SU7 lancée le 19 mars 2026.

C’est justement la série SU7 qui a maintenant atteint 500 000 unités livrées. Si l’on ajoute le SUV YU7, Xiaomi EV compte déjà plus de 760 000 voitures livrées, et selon les déclarations de Lei Jun lors d’un événement technologique en juillet, ce chiffre dépassait déjà 700 000 pour l’ensemble de la gamme. L’écart entre ces chiffres s’explique simplement par les semaines successives de ventes.

Les résultats du SU7 sont également bons si l’on considère sa position sur le marché. En juillet, 21 044 exemplaires ont été vendus, ce qui en a fait le leader parmi les berlines en Chine dont le prix dépasse 200 000 yuans, et ce pendant quatre mois consécutifs. Dans le classement des ventes de berlines électriques en Chine en juillet, le SU7 a terminé deuxième, étant en même temps le modèle le plus cher du top 10. C’est un détail important, car il montre que Xiaomi ne se base pas uniquement sur l’étiquette « bon marché ».

SU7 maintient son volume de ventes, mais pas comme avant

En juillet 2026, Xiaomi a livré un total de 31 267 voitures. Parmi celles-ci, 21 044 étaient des SU7, soit environ 67,3 % du volume mensuel total. C’est encore beaucoup, même si l’entreprise ne s’appuie plus uniquement sur un seul modèle.

Le problème se situe ailleurs. En 2025, Xiaomi a connu une croissance très rapide, tandis que l’année 2026 a vu un ralentissement significatif. Les livraisons de toute la marque en juillet n’ont représenté qu’une hausse de 2,68 % par rapport à l’année précédente et étaient en même temps inférieures de 9,99 % par rapport à juin.

Au cours de la période janvier-juillet 2026, Xiaomi a livré 216 322 voitures, ce qui représente une augmentation de 14,83 % par rapport à l’année précédente. Cela semble bon, mais cela ne représente que 39 % de l’objectif annuel de 550 000 voitures. Pour atteindre cet objectif, l’entreprise devrait maintenir en moyenne près de 67 000 livraisons par mois au cours des cinq derniers mois de l’année.

En bref, cela ne correspond pas aux attentes actuelles. Pas au rythme actuel.

YU7 a pris une partie de la charge, tandis que SU7 a légèrement baissé

Du janvier au juillet 2026, la série SU7 a enregistré 101 540 unités livrées, ce qui représente une baisse de 43,62 % par rapport à l’année précédente. Parallèlement, la série YU7 a livré 114 782 unités et c’est elle qui a assuré une grande partie de la croissance de la marque.

Cela n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle. C’est plutôt un signe que Xiaomi commence à passer d’une stratégie basée sur « un seul succès » à une structure de gamme plus normale. Seulement, lors d’un tel changement, des difficultés apparaissent généralement, et c’est ce que l’on observe ici.

Les données mensuelles de SU7 montrent d’ailleurs que, après une année 2025 forte, le modèle est entré dans une année 2026 plus faible. Cette année, il a enregistré respectivement : 1 133 unités en janvier, 218 en février, 7 882 en mars, 26 826 en avril, 24 023 en mai, 20 414 en juin et 21 044 en juillet. On observe une reprise après le lancement de la nouvelle génération en mars, mais on ne voit pas encore un retour aux meilleurs niveaux de l’année précédente.

Xiaomi tente d’ouvrir un nouveau front, cette fois avec les véhicules EREV

À la fin du mois de juillet, l’entreprise a présenté la série Sky Nomad, marquant ainsi son premier entrée dans le segment des véhicules EREV, c’est-à-dire des voitures électriques équipées d’un range extender. Deux modèles ont été mis en prévente : le N70 Max et le N90 Max.

Les prix de départ sont fixés à 259 900 yuans pour le N70 Max et à 299 900 yuans pour le N90 Max, version 7 places. La vente officielle et les premières livraisons sont prévues pour septembre 2026.

C’est une manœuvre assez claire. Xiaomi entre sur un marché où dominent Li Auto et Aito, soutenus par Huawei. En même temps, l’entreprise a fixé des prix inférieurs à ceux du Tesla Model Y L, qui commence à 339 000 yuans en Chine.

Cela semble astucieux, mais le format EREV revient aussi à admettre qu’un véhicule 100 % électrique ne suffit plus aujourd’hui en Chine pour répondre à tous les besoins. Surtout lorsque le client souhaite un grand véhicule familial et n’est pas prêt à faire des compromis en termes de recharge en dehors des plus grandes villes.

Production, chaîne d’approvisionnement et prévisions. Ici aussi, Xiaomi reste menaçant

Goldman Sachs prévoit que Xiaomi EV livrera 500 000 véhicules en 2026, 770 000 en 2027 et plus de 1,036 million en 2028. Le seul SU7 devrait représenter environ 223 000 unités en 2026, soit près de la moitié du volume annuel de la marque.

Ce n’est toujours qu’un scénario agressif, mais la banque souligne un point important : depuis le lancement du SU7, Xiaomi a développé relativement rapidement ses capacités de production et organisé sa chaîne d’approvisionnement, avec un rythme de montée en charge parmi les plus rapides du secteur.

En d’autres termes, l’entreprise sait mettre en place les infrastructures de production nécessaires derrière le buzz marketing. Dans l’industrie automobile chinoise, ce n’est pas la norme.

Le SU7 se défend également en dehors des chiffres de vente

La simple vente ne dit pas tout, c’est pourquoi il est utile de se pencher sur deux indicateurs qualitatifs. Selon les données de CADA et Jingzhen Appraisal, le Xiaomi SU7 a conservé 75,3 % de sa valeur après un an, ce qui lui a valu la 4e place parmi les véhicules électriques à batterie. Pour une marque jeune, c’est un résultat solide, car le marché de l’occasion révèle généralement rapidement qui se contente de crier dans les publicités.

Le deuxième indicateur est la satisfaction des clients. Dans le classement Net Promoter Score pour la première moitié de 2026 établi par Jielanlu, le SU7 a été en tête parmi les sedans de taille moyenne et grande. Certes, le NPS n’est pas une prophétie, mais il est difficile de l’ignorer.

Pour l’Europe et la Pologne, ce n’est pas encore une promesse d’un débuts faciles. C’est plutôt la preuve que Xiaomi ne s’arrête pas à une présentation médiatisée et à quelques vidéos virales. L’entreprise a créé un modèle qui se vend réellement en centaines de milliers d’exemplaires et dont la valeur se maintient mieux que beaucoup ne l’auraient imaginé.

Xiaomi dispose donc déjà d’une échelle de production, mais les mois à venir montreront s’il a également la capacité de maintenir ce rythme sans gonfler les attentes au-delà de ses capacités réelles. Selon vous, Xiaomi parviendra-t-il à produire au moins 500 000 véhicules en 2026, ou sera-ce très difficile sans le Sky Nomad ?