Volkswagen envisage d’utiliser l’architecture CEA de Xpeng en Europe. Elle couvrira 75 % des modèles.

Volkswagen envisage d’introduire en Europe l’architecture électrique et électronique CEA (China Electronic Architecture), qu’il a développée conjointement avec Xpeng. Selon le magazine allemand Manager Magazin, cette solution serait utilisée pour environ 75 % des modèles de la prochaine génération de Volkswagen, Skoda et Cupra. Thomas Schäfer, chef de la marque Volkswagen, devrait la présenter au conseil d’administration du groupe le 27 octobre.
Ce n’est pour l’instant qu’une proposition à évaluer, pas une décision définitive. Si elle est acceptée, les véhicules Volkswagen en Europe disposeront d’une électronique développée en Chine, tandis que Rivian perdra une partie de son rôle dans les plans du groupe.
Deux stratégies, une seule devrait rester
Jusqu’à présent, Volkswagen a suivi des voies distinctes : en Chine, il utilise CEA avec Xpeng, tandis qu’il développe des technologies avec Rivian pour les marchés occidentaux. Le groupe a investi jusqu’à 5,8 milliards de dollars dans ce partenaire américain en 2024. Il s’agit d’un des piliers du programme de correction logicielle, sous la responsabilité d’Oliver Blume, le dirigeant du groupe.
Manager Magazin cite parmi les candidats pour CEA les futurs ID. Golf, ID. Passata et Skoda Enyaq. Ce sont des segments où chaque euro dépensé en développement se traduit par une augmentation du prix en concession.
Qu’est-ce que CEA peut apporter ?
Le principal argument est l’argent. L’équipe de Schäfer estime que le passage à l’architecture chinoise permettrait d’économiser 4 à 5 milliards d’euros, soit 4,6 à 5,8 milliards de dollars.
CEA est une architecture zonale. Elle regroupe des contrôleurs dispersés en quelques unités, ce qui réduit leur nombre dans la voiture d’environ 30 %. Selon les données citées, cela améliore également l’efficacité du développement de jusqu’à 30 %. Les coûts de développement des nouveaux modèles sélectionnés pourraient même chuter de 50 %, et le cycle de développement pourrait être raccourci à environ 18 mois. Il s’agit de chiffres avancés par les partisans du projet, donc je les considérerais plutôt comme une promesse que comme un résultat concret.
Le plus grand atout est cependant tout à fait banal : le CEA fonctionne déjà. Volkswagen et Xpeng ont signé un accord pour une architecture commune en avril 2024. Le premier modèle basé sur le CEA, l’ID. UNYX 07, est entré en production à l’usine Volkswagen d’Anhui en janvier 2026. Le plan prévoit que le CEA soit intégré aux véhicules électriques de la marque VW fabriqués en Chine d’ici 2026. À partir de 2027, il devrait être utilisé pour tous les types de motorisation.
Les partisans avancent également que le logiciel et l’électronique chinois peuvent fonctionner sur les plateformes européennes existantes du groupe.
Conflit au sein du groupe
Tout le monde chez Volkswagen n’est pas convaincu. Certains managers doutent que l’adaptation du CEA aux réglementations européennes soit aussi simple et peu coûteuse que le prétendent les auteurs de la proposition. Le développement ultérieur représente également un risque technique.
Les partisans de la collaboration avec Rivian s’inquiètent du partage des coûts. Lorsque le groupe Volkswagen utilisera beaucoup moins cette technologie, la coopération pourrait cesser d’être rentable selon les règles actuelles.
Le logiciel représente depuis des années le plus grand obstacle à la transformation de VW. Une gamme étendue allant des modèles populaires aux véhicules Audi et Porsche rendait difficile l’adaptation d’une seule solution, problème auquel Cariad était également confronté.
La voie vers l’Europe
La collaboration avec Xpeng a débuté en juillet 2023. Volkswagen y a alors investi 700 millions de dollars et annoncé deux véhicules électriques communs pour la Chine. En août 2025, les deux entreprises ont élargi cette collaboration aux moteurs à combustion interne et aux hybrides rechargeables en Chine. Xpeng a soutenu qu’une architecture unique pour différents types de propulsion accélérerait les mises à jour OTA, raccourcirait le développement des véhicules et améliorerait l’échelle de production.
Actuellement, VW vérifie si cette même électronique peut réussir sur le marché européen. Si c’est le cas, les premiers véhicules européens dotés d’un « cerveau » chinois pourraient faire partie de la gamme de modèles ordinaires et populaires, plutôt que d’une niche exotique.
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