Ventes de voitures électriques en Espagne : septembre 2026

Tandis que les ventes de modèles à moteur thermique dépendent encore fortement des activités des entreprises, des flottes et des services de location, les voitures électriques ont su tirer parti de la demande des particuliers pour enregistrer l’un de leurs meilleurs résultats.
Cette évolution se reflète également dans la répartition du marché. Tesla a de nouveau connu un mois particulièrement fort, comme c’est habituel à la fin du trimestre, tandis que Leapmotor et Geely ont fait leur entrée avec force, plaçant plusieurs de leurs modèles parmi les voitures électriques les plus vendues. Le résultat est un contexte de plus en plus difficile pour les constructeurs traditionnels, en particulier ceux européens.
Les données recueillies par Luis Valdés montrent également que la croissance ne provient pas uniquement des entreprises. Le canal des particuliers est devenu l’un des principaux moteurs du marché électrique, au point que les immatriculations de voitures électriques destinées aux particuliers ont augmenté de 91 % par rapport au même mois de l’année précédente.
Les voitures électriques atteignent 18,4 % et les particuliers accélèrent le changement
Le marché espagnol a fermé septembre avec un nouveau record pour les voitures électriques, qui représentent désormais 18,4 % des immatriculations. C’est un chiffre particulièrement significatif car il intervient à un moment où les immatriculations des modèles à combustion interne montrent une évolution bien plus faible.
D’après les données fournies par la DGT, on comptait 14.942 voitures électriques (BEV) au 29 septembre, contre 8.952 durant la même période de l’année précédente, ce qui représente une hausse de 66,9 %. Quant aux véhicules hybrides rechargeables (PHEV), leur nombre atteignait 11.276 unités, soit une augmentation de 31,6 % par rapport à l’année précédente, leur donnant une part de marché de 13,8 %.
La différence devient encore plus intéressante lorsqu’on examine qui achète ces voitures. Parmi les immatriculations de voitures électriques enregistrées durant la période analysée, 11.469 correspondaient à des particuliers, soit 76,8 % du total, contre 3.473 unités immatriculées par des entreprises.

C’est précisément ici que apparaît l’un des points clés du mois. Selon l’analyse, les immatriculations de voitures électriques entre particuliers ont augmenté de 91 % en termes annuels, tandis que le reste du marché a à peine progressé. L’analyste estime que les marques traditionnelles ont recours à de grandes quantités d’automatiques pour écouler leurs modèles à combustion interne, alors que la demande réelle se déplace progressivement vers les voitures électriques.
Et tandis que les systèmes électriques et rechargeables connaissent une croissance, le contraste se creuse avec les motorisations traditionnelles, qui perdent du terrain de manière de plus en plus évidente. Au 29 septembre, les voitures à essence comptaient 12 551 unités, soit une baisse de 38,1 %, ce qui représente une part de 14,8 %. Quant aux voitures diesel, leur nombre s’élevait à 8 594 immatriculations, soit 29,2 % de moins qu’un an auparavant, avec une part de 10,15 %.
Les hybrides non rechargeables racontent une autre histoire. Avec 32 771 unités, ils ont connu une croissance de 12,4 % sur un an et restent la technologie la plus présente sur le marché, avec une part de 35,8 %.
Part par technologie : septembre 2026
Hybrides non rechargeables : 35,8 %
Véhicules électriques : 18,4 %
À essence : 14,8 %
Hybrides rechargeables : 13,8 %
Diesel : 10,1 %
Autres : 7,1 %
L’analyse de septembre vise précisément ce phénomène. Les véhicules à combustion automatisés jouent un rôle important, et une partie de ces unités finira par arriver ultérieurement sur le marché d’occasion. Parallèlement, on estime que les retards dans certaines opérations liées aux flottes et à l’automatisation empêchent le marché électrique d’atteindre pour l’instant une part proche de 20 %.
Ventes de voitures électriques en Espagne : marques
Tesla conserve sa position de leader grâce au Model 3 et au Model Y, mais le grand acteur en termes de croissance est Leapmotor. Cette marque chinoise compte quatre modèles parmi les 30 voitures électriques le plus enregistrées, tandis que BYD y inclut également quatre modèles. Geely ajoute deux autres modèles, XPeng un, et Deepal un autre. Au total, la présence chinoise est écrasante par rapport aux constructeurs européens.
Les données d’immatriculation des véhicules électriques montrent Tesla avec 3 732 unités, suivie de BYD avec 1 688 et Leapmotor avec 1 203. Geely, qui vient tout juste de commencer son entrée sur le marché avec une gamme encore très limitée, atteint 576 unités. Renault compte 528 unités et Volkswagen 505.
La progression de Leapmotor est particulièrement remarquable. La marque enregistre une croissance interannuelle de 603,5 % pour l’ensemble de ses véhicules électriques, atteignant ainsi 1 203 unités. Geely, quant à elle, apparaît directement avec 576 immatriculations, étant donné qu’elle est récemment entrée sur le marché.
Le changement le plus visible apparaît lorsqu’on examine en détail les modèles. Le Tesla Model 3 n’est plus qu’à 30 unités du premier rang absolu sur le marché espagnol, avec 2 530 unités selon les données du résumé de septembre, tandis que le Toyota C-HR occupe la première place avec 2 560 immatriculations. Parmi les unités Toyota, 438 correspondent à sa version électrique.
Le résultat est particulièrement significatif car le Tesla Model 3 a clairement dominé parmi les véhicules particuliers, avec 2 256 unités, un chiffre qui montre à quel point cette berline électrique de Tesla a trouvé preneur en dehors des flottes. Les données disponibles de la DGT placent également le Model 3 en première position parmi les véhicules électriques, avec 2 528 unités, dans des chiffres américains qu’il convient toujours d’interpréter avec prudence, étant donnée la politique de Tesla visant à accumuler les ventes à la fin du trimestre.
Tesla mérite une mention spéciale, car l’accumulation des immatriculations à la fin du trimestre peut fausser légèrement ses données. En se basant sur les chiffres de l’année précédente, en comparant les trois premiers trimestres de 2026 avec ceux de 2025, Tesla a enregistré une croissance cumulative de 9,51 %, portée par un fort démarrage d’année (une hausse de 43,01 % au premier trimestre et de 19,36 % au deuxième), ce qui compense amplement la contraction de 18,84 % observée au troisième trimestre par rapport au pic atteint durant la même période de l’exercice précédent.
Cela signifie que Tesla continue de croître, mais à un rythme inférieur à celui du marché des voitures électriques, ce qui entraîne une perte de parts de marché.
Trimestre
Ventes 2024 (unités)
Ventes 2025 (unités)
Ventes 2026 (unités)
Évolution 2025 vs 2026 (Q1-Q3)
Premier trimestre
3.594
3.171
4.535
+43,01%
Deuxième trimestre
3.646
4.003
4.778
+19,36%
Troisième trimestre
3.998
5.139
4.171
-18,84%
Total cumulé (Q1-Q3)
16.695
12.313
13.484
+9,51%

Dans le classement des modèles, le Tesla Model 3 occupe la première place parmi les véhicules électriques avec 2.528 unités, soit une croissance annuelle de 27,8 %, suivi par le Model Y avec 1.204 unités et une croissance de 18,4 %. Le BYD Dolphin Surf atteint 521 unités, soit +3,5 %, tandis que le Kia EV3 se situe à 446 unités, en baisse de 15,6 % par rapport à l’année précédente.
Plus bas figurent le BYD ATTO 3 EVO, avec 535 unités, soit une augmentation de 98,8 %, le Leapmotor B10, avec 486 unités, le BYD ATTO 2, avec 475 unités et une hausse de 15,8 %, le Toyota C-HR+, avec 438 immatriculations, ainsi que le nouveau Geely E5, avec 383 unités.
L’arrivée de Geely est particulièrement intéressante. Ce géant chinois, propriétaire de Volvo parmi d’autres marques, parvient à placer le Geely E5 parmi les meilleurs modèles, et ajoute maintenant le nouveau Geely E2, qui a enregistré 262 unités au cours de son premier mois complet. Cela suffit pour dépasser des constructeurs européens présents sur le marché électrique espagnol depuis des décennies.
Leapmotor montre également qu’il ne s’agit plus d’une marque de prestige. En plus des chiffres du B10, on compte aussi ceux du B05, qui reste loin derrière avec 267 unités, tandis que le T03 le dépasse presque avec 244 immatriculations.
La situation des constructeurs européens est bien plus compliquée. Aucun modèle d’une marque européenne ne figure parmi les dix meilleurs véhicules électriques du mois, selon l’analyse de Luis Valdés. Le Renault Twingo est le premier à réussir à franchir cette barrière en se classant dixième parmi les véhicules particuliers, devançant le Renault 5, tandis que le Volvo EX30 et le Citroën ë-C3 arrivent plus loin dans le classement.
Le Renault Twingo compte 220 unités vendues auprès des particuliers et 230 sur le marché total, dépassant ainsi le Renault 5, qui enregistre 170 immatriculations chez les particuliers et 210 sur l’ensemble du marché. Le Volvo EX30 atteint 231 unités vendues aux particuliers, tandis que le Citroën ë-C3 en compte 168.
Ces données présentent une lecture particulièrement intéressante, car les deux modèles européens qui résistent le mieux sur le marché des particuliers appartiennent justement aux segments les plus abordables. Le Twingo et l’ë-C3 démontrent qu’il existe de la place pour des produits européens compétitifs lorsque l’on cible directement la gamme de prix et les tailles où la demande est en croissance.

Mais le chiffre probablement le plus significatif ne réside pas dans le nombre d’unités d’une marque spécifique, mais plutôt dans la vitesse à laquelle se transforme le marché des véhicules électriques. Pour la première fois, quatre marques dépassent les 1 000 unités électriques en un seul mois, et aucune d’entre elles n’est européenne, selon l’analyse de septembre. Tesla, BYD et Leapmotor représentent une grande partie de ce volume, tandis que le quatrième acteur approche déjà cette barre grâce à une évolution très rapide.
Ainsi, le marché espagnol devient un terrain particulièrement intéressant pour les constructeurs chinois. La raison ne réside pas uniquement dans le prix : il existe également une offre bien plus large de modèles électriques, alors que certains constructeurs européens traditionnels sont encore en train de réorganiser leurs gammes et leurs calendriers de lancement.
Et Volkswagen, alors ?

Les chiffres de Volkswagen, tant en tant que marque qu’en tant que groupe, sont très préoccupants, bien qu’on observe des signes de reprise. En septembre, le constructeur allemand a été dépassé, en tant que marque, par Geely, se classant ainsi à une modeste neuvième place, avec 520 unités pour l’ensemble de ses modèles et une part de 3,4 %. Cela reste très loin des 24,1 % de Tesla, premier du classement avec 3 738 unités, des 2 290 unités et du 10,9 % de BYD, ainsi que des 1 412 unités de Leapmotor, qui détient 7,8 % du marché.
Le côté positif, c’est que, après quelques années d’inaction, Volkswagen s’est mis en action avec le lancement de sa nouvelle génération de voitures électriques. Le Volkswagen ID.Polo, ainsi que son frère le Cupra Raval, stimuleront sans aucun doute le marché au cours des prochains mois. L’arrivée du nouveau ID.Cross permettra également d’améliorer les chiffres très faibles de Volkswagen. Et tout cela se fera grâce à une stratégie portant le label « Made in Spain ».
Marque
Dénominations en septembre 2026
Cotisation
Changement annuel
TESLA
3.733
24,1 %
+27,3 %
BYD
1.688
10,9 %
+26,5 %
LEAPMOTOR
1.203
7,8 %
+854,8 %
KIA
869
5,6 %
+63,3 %
MERCEDES-BENZ
702
4,5 %
+164,9 %
TOYOTA
677
4,4 %
+52,8 %
RENAULT
580
3,7 %
+102,1 %
GEELY
576
3,7%
—
VOLKSWAGEN
520
3,4%
+122,2%
BMW
409
2,6%
+45,6%
CITROËN
347
2,2%
+71,8%
VOLVO
328
2,1%
+281,4%
FORD
321
2,1%
-9,3%
HYUNDAI
299
1,9%
-33%
MINI
289
1,9%
+4%
SKODA
289
1,9%
+35,7%
DEEPAL
282
1,8%
—
XPENG
273
1,8%
+340,3%
MAZDA
220
1,4%
+423,8%
CUPRA
214
1,4%
+170,9%
TOTAL
15 468
100%
+62,7%
Somme annuelle par groupe
Dénominations
Part
BYD
13 596
12,8%
TESLA
13 473
12,7%
HYUNDAI/KIA
10 882
10,2%
STELLANTIS
10.457
9,8%
GRUPO VOLKSWAGEN
10.366
9,7%
TOYOTA
6.892
6,5%
BMW-MINI
6.301
5,9%
GRUPO RENAULT
5.922
5,6%
MERCEDES-BENZ
5.678
5,4%
GEELY
3.658
3,4%
FORD
2.962
2,8%
DEEPAL
2.722
2,6%
XPENG
1.846
1,7%
SAIC MOTOR
1.498
1,4%
NISSAN
1.132
1,1%
CHERY
204
0,2%
TOTAL
106.100
100%
Conclusion

En conclusion, septembre montre bien ce qui se passe lorsque l’offre commence à répondre à une demande qui n’avait pas trouvé de produits suffisants depuis longtemps. L’Espagne est devenue un terrain d’essai particulièrement attrayant pour les marques chinoises en raison de la disponibilité limitée de certains produits européens et d’une moindre fidélité envers certaines marques.
Le résultat final est un marché en pleine transformation. Les véhicules électriques atteignent une part historique de 18,4 %, malgré la présence dominante des modèles à combustion interne, tandis que Tesla conserve une position de leader sur le marché privé et que les marques chinoises gagnent progressivement du terrain parmi les premiers rangs.
Le diesel et l’essence conservent un volume nettement supérieur en termes absolus, mais l’évolution devient de plus en plus inégale. Le diesel recule fortement tandis que l’essence ne croît qu’à peine, alors que les véhicules hybrides et, surtout, les voitures électriques parviennent à accroître leur présence. Le marché est encore loin d’être entièrement électrique, mais la répartition des forces qui existait il y a seulement quelques années évolue rapidement.