Après avoir vendu 1 600 000 unités en 25 ans, le meilleur véhicule de Skoda disparaîtra bien avant ce que quiconque pourrait imaginer.

08/09/2026 17:00
Mis à jour le
08/09/2026 17:00
Bien que Skoda soit actuellement la marque la plus rentable du Groupe Volkswagen, elle doit également entreprendre d’importantes modifications à court et moyen terme. La restructuration des modèles au sein du Groupe Volkswagen commence à déterminer le sort de certaines des marques les plus reconnues de l’industrie européenne. Le président exécutif de Skoda, Klaus Zellmer, a indiqué que le Skoda Superb est en voie d’être retiré en raison de la faible demande pour les berlines et les modèles familiaux. Cette décision s’inscrit également dans le vaste plan d’optimisation du groupe allemand, dont l’objectif est de réduire d’environ 50 % son catalogue de modèles d’ici 2035.
Le Superb, introduit dans le catalogue en 2001 et qui compte plus de 1,6 million d’immatriculations au cours de ses quatre générations, partage une place historique importante avec l’Octavia, véritable pilier commercial ayant vendu plus de sept millions d’exemplaires en 30 ans. Cependant, l’intégration de ces deux berlines conventionnelles dans un marché de plus en plus orienté vers les véhicules tout-terrain oblige à reconsidérer la rentabilité de maintenir en parallèle deux versions de grande taille, conçues pour une utilisation familiale.
La plateforme SSP et la convergence de tailles avec le concept Vision O

Le succès de ce remplacement repose non seulement sur les faibles ventes, mais aussi sur le lancement du Skoda Vision O Concept, un prototype présenté il y a un an qui anticipe la prochaine génération électrique de l’Octavia avant la fin de la décennie. Son développement s’appuiera sur la plateforme modulaire SSP du Groupe Volkswagen, même base partagée qui servira de fondement à la future version électrique du Volkswagen Golf.
En ce qui concerne la carrosserie et les dimensions, le Vision O se situe géométriquement à un point intermédiaire entre l’Octavia actuelle et le Superb. La flexibilité de l’architecture SSP permet d’ajuster les longueurs et la largeur pour se rapprocher des dimensions du modèle phare. Cette capacité a incité les ingénieurs de l’entreprise à étudier la possibilité de couvrir ces deux segments du marché grâce à un seul véhicule polyvalent, évitant ainsi de développer séparément des modèles à carrosserie traditionnelle.
Moteurs à autonomie étendue comme alternative à l’électrique

Bien que le prototype Vision O ait été initialement présenté comme une proposition 100 % électrique à batterie, l’entreprise tchèque ne ferme pas la porte aux solutions de propulsion mixte. Face à la lenteur d’adoption des véhicules électriques sur divers marchés européens, Skoda envisage l’intégration d’un système de portée étendue (EREV) comme alternative viable au sein de cette architecture. Volkswagen utilise déjà cette solution en Chine sur le ID. Era 9X, son premier véhicule EREV.
Cette approche permettrait de prolonger la durée de vie commerciale des technologies à combustion tout en achevant la transition industrielle vers l’électrification totale, prévue en principe d’ici 2035 grâce aux réglementations zéro émission de l’Union européenne et du Royaume-Uni.
Rôles industriels au sein du Groupe Volkswagen
Le retrait progressif du Superb coïncide avec une coordination plus étroite entre les filiales du groupe automobile. Cette stratégie commune vise à éviter la cannibalisation des ventes en attribuant des fonctions spécifiques à chaque constructeur. Ainsi, tandis que Volkswagen prend la tête du développement du véhicule urbain électrique abordable basé sur la plateforme MEB, Skoda se concentre sur des modèles de grande taille tels que le Peaq récemment présenté, le seul véhicule électrique tout-terrain à sept places destiné au grand public du groupe.