Après 10 ans d’attente, Tesla reporte (encore une fois) son système de conduite autonome et précise les endroits où il pourra être utilisé.

25/10/2026 17:30
Mis à jour le
25/10/2026 17:30
Tesla vend depuis 2016 le FSD (Full Self-Driving), son système de conduite autonome, en promettant qu’un jour la voiture nous emmènerait seule n’importe où. Après plus d’une décennie d’attente, cette promesse a récemment reçu une nouvelle date : le deuxième trimestre 2027.
C’est Ashok Elluswamy, responsable de l’intelligence artificielle chez la marque, qui l’a annoncé lors de la présentation des résultats du troisième trimestre 2026. Il convient de préciser que ce qui vient d’être annoncé n’est pas une mise à jour permettant de transformer chaque Tesla en voiture autonome, mais plutôt la possibilité pour les propriétaires d’ajouter leur véhicule à la flotte de Robotaxi gérée par l’entreprise elle-même.
La question la plus fréquente des actionnaires

« Quand pourrons-nous attendre le FSD sans surveillance dans les voitures des clients ? » était l’une des questions les plus votées par les petits actionnaires avant la présentation. Elle était soutenue par environ 1,1 million d’actions.
La réponse fut le deuxième trimestre 2027. Mais la première étape ne consistera pas à s’asseoir à l’arrière d’un Model Y et à dormir pendant que la voiture effectue le trajet. Il s’agira plutôt de confier la voiture au réseau de Robotaxi, où Tesla gère toute l’opération. En d’autres termes, la voiture d’un particulier ne circulera sans surveillance que là où ce service est déjà opérationnel, que ce soit en ville ou dans des zones dédiées à cette activité.
Zones petites et routes tranquilles

Ces zones ne sont pas très grandes. Le Robotaxi de Tesla fonctionne actuellement dans six agglomérations américaines, et dans la plupart d’entre elles il ne couvre qu’une partie de la ville. À Miami, son champ d’action se limite principalement à West Miami ainsi qu’à une zone s’étendant vers Doral et Sweetwater. Orlando et Tampa ont également commencé à le mettre en service en juillet avec des périmètres tout aussi restreints.
Dans ces zones, le service emprunte des itinéraires lents, évite presque toujours les autoroutes et s’éloigne des quartiers les plus complexes. Dans la région de la baie de San Francisco, il ne fonctionne même pas sans surveillance : la réglementation californienne exige la présence d’un conducteur de sécurité, car Tesla ne souhaite pas transmettre aux autorités routières de l’État les données requises pour tout système dépassant le niveau 2 d’autonomie.
La flotte est également petite. Tesla affirme que son Robotaxi a parcouru près de 3,2 millions de kilomètres sans surveillance à la fin du troisième trimestre, un mois après que le Cybercab ait rejoint la flotte d’Austin. Des comptages indépendants réalisés ce printemps situaient le nombre de véhicules Tesla sans conducteur à quelques dizaines seulement, bien en deçà des centaines de milliers évoqués par Elon Musk. Le même Musk avait promis en 2025 qu’il y aurait deux millions de véhicules autonomes d’ici cette année. Ce chiffre n’est même pas approché.
Un objectif en perpétuel changement

Elluswamy lui-même a reconnu que la sécurité constitue le goulot d’étranglement, ce qui limite le service aux voies à faible vitesse. Cependant, il pense que ces problèmes seront résolus l’année prochaine, bien qu’il n’ait donné aucune garantie. En juillet 2025, Musk a déclaré aux investisseurs que le FSD sans supervision serait disponible « à des fins personnelles à la fin de cette année dans certaines zones ». Un an plus tôt, il avait affirmé qu’il serait « surpris » que Tesla ne l’ait pas l’année suivante.
Il y a également un problème de matériel. Les propriétaires disposant d’une plateforme Hardware 3 (HW3) qui ont payé pour le FSD ont été informés que leur équipement ne permettra pas d’utiliser la version sans surveillance, et il n’existe aucun plan clair d’actualisation. Entre-temps, Tesla évalue à 1,74 million le nombre d’abonnements actifs au FSD, un chiffre qui inclut les achats comptant. Même si l’échéance est respectée, le changement de produit est évident : on passe de « votre voiture vous emmène où vous le souhaitez pendant que vous dormez » à « votre voiture peut fonctionner comme un robotaxi dans une petite zone contrôlée par Tesla ». Pas de déplacements sur autoroute ni vers l’aéroport, sauf si vous vivez et travaillez à l’intérieur de ces zones.
Et en Europe ?
Du côté atlantique, la situation est différente. L’autorité de la circulation des Pays-Bas (RDW) a approuvé le 10 avril 2026 le FSD (Supervised), la première autorisation de ce type en Europe. Il s’agit d’un système de niveau 2 avancé dans lequel le conducteur reste responsable et doit rester vigilant en permanence. Avec le FSD sans supervision, réservé aux zones de Robotaxi aux États-Unis, rien ne laisse penser que nous pourrons abandonner le volant sur nos routes à court terme.