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Dommage pour le marche arrière : son SUV le plus vendu continuera d’exister sous forme de modèles hybrides rechargeables offrant une autonomie supérieure à 100 km.

Dommage pour le marche arrière : son SUV le plus vendu continuera d’exister sous forme de modèles hybrides rechargeables offrant une autonomie supérieure à 100 km.

14/09/2026 13:30

Mis à jour le

14/09/2026 13:30

La décision n’est pas fortuite. Le Karoq original est arrivé en 2017 et est devenu l’un des piliers de la marque, donc le faire disparaître simplement aurait représenté un risque commercial. L’arrivée d’une version PHEV change en outre la conception du véhicule : jusqu’à présent, le Karoq n’était vendu qu’avec des moteurs à combustion interne, sans aucune version électrifiée dans sa gamme. Cela a entraîné une forte baisse des ventes dans toute l’Europe.

Le rôle du Karoq dans la croissance de Skoda

Skoda Karoq en façade

Pour comprendre pourquoi la marque ne veut pas se passer de ce modèle, il suffit de jeter un coup d’œil aux chiffres. Le Karoq a déjà dépassé le million d’unités fabriquées dans l’usine de Kvasiny (République tchèque) et se vend dans une soixantaine de pays, ce qui en fait l’un des SUV les plus rentables du catalogue tchèque. En 2024, il a atteint près de 110 000 unités livrées dans le monde entier, avec une croissance de 9,3 %, contribuant directement au meilleur exercice financier de l’histoire de Skoda.

Cependant, le rapport de résultats de Skoda pour 2025 montre un changement de tendance : les livraisons du Karoq sont tombées à 102 600 unités, soit 6,2 % de moins que l’année précédente. Cette baisse coïncide avec le lancement commercial du Skoda Elroq, le SUV électrique censé reprendre sa clientèle, qui a déjà enregistré 95 300 unités dès sa première année, devenant ainsi le deuxième véhicule électrique le plus vendu en Europe. La différence réside dans le fait que, tandis qu’un véhicule sur quatre livré par Skoda en Europe en 2025 était déjà électrique, le Karoq ne proposait toujours aucune alternative électrifiée.

Même plateforme, mais avec une positionnement différent

Intérieur du Skoda Karoq

Le nouveau Karoq restera basé sur la plateforme MQB du Groupe Volkswagen, celle qu’il utilise déjà jusqu’à présent. Il n’y a pas de changement d’architecture, mais une amélioration significative dans l’offre de motorisations. Selon Zellmer, les mécanismes du nouveau modèle « seront très similaires à ceux que nous avons sur le Kodiaq », le SUV sept places de la marque, l’un des modèles qui fonctionnent le mieux avec son système hybride rechargeable. Cette référence au Kodiaq donne une indication claire de la direction à suivre. Zellmer a été précis quant à l’objectif visé : une autonomie électrique supérieure à 100 kilomètres, ce qu’il considère comme « parfait pour le successeur du Karoq ».

Le nouveau Karoq partagera de nombreux éléments techniques avec le Volkswagen T-ROC, son proche parent au sein du groupe. C’est là que la motorisation électrique prend tout son sens en tant que stratégie commerciale, puisqu’elle offre une option hybride rechargeable que le T-ROC ne disposera pas (il restera au maximum hybride). Ainsi, Skoda parvient à se différencier avec son SUV compact sans avoir besoin de modifier radicalement sa plateforme ni son design extérieur. Zellmer a également laissé échapper une idée concernant le prix de la voiture : malgré l’évolution technologique, l’objectif est de le maintenir dans le même segment que l’Elroq, en offrant « plus de valeur pour le même prix » à ceux qui ne souhaitent pas encore faire le saut complet vers l’électrique.

Un vide que même l’Elroq n’a pas pu combler

Ce qui est intéressant dans cette affaire, c’est que Skoda admet ouvertement que son pari initial n’a pas donné les résultats escomptés. L’Elroq est devenu un succès commercial, mais cela n’a pas suffi à couvrir toute la demande créée par le vide laissé sur le marché par le Karoq. Zellmer le résume sans détour : « Nous aimerions que l’Elroq prenne entièrement la place de ce type de marché pour nous, mais ce n’est pas le cas ; c’est pourquoi nous voyons un grand potentiel dans le Karoq et son successeur. » Il s’agit d’une reconnaissance peu habituelle dans le secteur, où les marques admettent rarement qu’un plan d’électrification n’a pas fonctionné exactement comme prévu sur le papier.

Source : Autocar