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La voiture n’est que le début. Les entreprises polonaises sont-elles prêtes pour une véritable expansion de l’électromobilité ?

La voiture n’est que le début. Les entreprises polonaises sont-elles prêtes pour une véritable expansion de l’électromobilité ?

– texte parrainé –

L’ambition est déjà là, il faut maintenant la capacité d’exécution

En Europe, 56 % des entreprises prévoient d’augmenter le nombre de véhicules entièrement électriques au cours des deux prochaines années. En Pologne, 52 % des répondants déclarent avoir un tel projet, tandis que 15 % envisagent une diminution du nombre de véhicules électriques. Actuellement, les véhicules entièrement électriques représentent 7 % des flottes polonaises étudiées. Les véhicules à essence dominent avec 44 %, tandis que les diesel représentent 32 %.

Ces chiffres montrent un grand potentiel de développement, mais aussi l’ampleur des réorganisations nécessaires. Chaque nouveau véhicule électrique introduit dans la gestion de la flotte une dépendance entre le trajet, l’arrêt, la disponibilité des bornes de recharge et le coût de l’énergie. Par conséquent, ce n’est pas seulement l’achat d’un plus grand nombre de véhicules qui déterminera le succès. La capacité d’exécution exigera une préparation simultanée de l’infrastructure, des processus de facturation, des données ainsi que de la formation des utilisateurs.

– Le marché est entré dans une phase où le nombre de voitures commandées n’est plus un indicateur suffisant de maturité. Une électrification véritable commence par une analyse de l’usage du véhicule et des points de charge disponibles. Il faut ensuite associer la décision d’achat à l’énergie, aux infrastructures et au contrôle des coûts. Si l’un de ces éléments est négligé, le risque opérationnel devient rapidement visible. Les entreprises ont aujourd’hui besoin d’une architecture de mobilité, et non d’un ensemble de produits distincts. Une telle architecture peut comprendre une plateforme de base, un réseau public, la charge domestique ainsi qu’un système de facturation cohérent. Ce n’est qu’alors que l’augmentation du nombre de véhicules électriques se traduit par un changement durable du modèle de flotte – déclare Anna Biekionis, Country Manager DKV Mobility.

Le paradoxe polonais : une forte volonté, des barrières encore plus fortes

Les résultats pour la Pologne ne montrent pas un manque de volonté de changer, mais plutôt des attentes exceptionnellement élevées en ce qui concerne ses conditions. Jusqu’à 81 % des entreprises interrogées considèrent que l’offre limitée de véhicules à propulsion alternative constitue un obstacle, contre une moyenne européenne de 71 %. 80 % des répondants polonais soulignent des prix d’achat trop élevés, contre 73 % dans l’ensemble de l’échantillon. Une infrastructure publique insuffisamment développée représente un obstacle pour 79 % des entreprises en Pologne, contre 69 % en Europe. Les prix élevés de l’énergie inquiètent 75 % des répondants polonais, tandis que les coûts de maintenance et de service inquiètent 76 % d’entre eux. De même, 76 % indiquent des difficultés à évaluer le cadre réglementaire, contre 66 % en moyenne.

Les obstacles s’accumulent donc tout au long de la chaîne de décisions, depuis le choix du modèle, en passant par le financement et l’énergie, jusqu’à l’exploitation. Cela signifie pour le marché la nécessité d’actions simultanées, car l’amélioration d’un seul paramètre peut ne pas suffire pour mettre en œuvre des investissements.

« La transformation des flottes en Pologne n’a pas besoin d’un coup de pouce miraculeux, mais plutôt d’un ensemble de conditions prévisibles. Les résultats de l’étude montrent clairement que les entreprises perçoivent des risques à plusieurs étapes en même temps. Par conséquent, le soutien à l’achat de véhicules doit aller de pair avec le développement des infrastructures ainsi qu’avec des règles du marché clairement définies. Il est également important que des modèles adaptés à différents usages soient disponibles, surtout là où le véhicule sert d’outil de travail. L’entreprise prend sa décision pour toute la durée d’utilisation, et non seulement le jour de la réception du véhicule. Plus la transparence des coûts et des réglementations est grande, plus il est facile de planifier un changement à plus grande échelle qu’un projet pilote. La stabilité du cadre réglementaire est en mobilité électrique tout aussi importante que le rythme de développement des technologies. » – souligne Anna Biekionis.

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Le chargement passe du parking au centre de gestion de flotte

Le lieu le plus courant pour recharger les véhicules de flotte est la base ou le site de l’entreprise, comme l’ont indiqué 47 % des répondants en Pologne et en Europe. Cependant, la Pologne se distingue par un taux plus élevé d’utilisation des bornes de recharge publiques, qui atteint 37 %, contre une moyenne européenne de 31 %. À domicile, 13 % des véhicules de flotte polonais sont rechargés, contre 19 % dans l’ensemble de l’échantillon. Le modèle de recharge est donc dispersé, et sa gestion nécessite la coordination de plusieurs sites, tarifs et méthodes de facturation.

– La charge ne peut pas être considérée comme un accessoire technique pour la voiture, car elle fait partie du processus opérationnel de base. Les données montrent que l’infrastructure propre est déjà une norme parmi les entreprises utilisant des véhicules électriques. En même temps, les flottes polonaises ont relativement souvent besoin du réseau public, ce qui renforce l’importance de son accessibilité et de son interopérabilité. Le gestionnaire doit savoir non seulement où le véhicule peut se recharger, mais aussi combien a coûté l’énergie et à quel centre de coûts la rattacher. À plus grande échelle, le rattachement manuel de ces informations devient inefficace. Il est nécessaire d’avoir des outils permettant d’intégrer différents scénarios de charge dans une seule vue de gestion. C’est précisément cette couche de données invisible qui déterminera si l’électrification pourra être étendue. » – souligne Anna Biekionis.

La numérisation est une infrastructure aussi importante que les chargeurs

La transformation du système de propulsion augmente le nombre d’informations à gérer dans la gestion quotidienne. Selon une étude, 68 % des entreprises considèrent le contrôle total des coûts et la transparence comme des défis, tandis que 67 % voient dans l’investissement dans les outils numériques adaptés une solution. 67 % jugent également difficile la gestion des véhicules électriques et des options de charge. En Pologne, ces chiffres atteignent respectivement 71 %, 68 % et 60 %. Parallèlement, 63 % des répondants en Europe et en Pologne estiment que les actions menées en matière de numérisation et d’automatisation sont insuffisantes. Trop de systèmes et de produits logiciels différents représentent un problème pour 62 % des personnes interrogées dans les deux régions.

Le marché a donc besoin non seulement d’un plus grand nombre de points de charge, mais aussi d’une meilleure cohérence des données. Sans elle, il est difficile de comparer les coûts, d’identifier les comportements inefficaces et d’optimiser le chargement. La couche numérique de gestion devient une condition essentielle pour passer de quelques véhicules pilotes à une grande flotte électrique.

La voiture, ce n’est que le début. Les entreprises polonaises sont-elles prêtes pour une véritable électromobilité à grande échelle ? - dkv 2023 94 HS

De la phase de démonstration à la phase d’intégration

Les décisions concernant les véhicules sont inséparables du marché de l’énergie, des réseaux de charge, des réglementations et de la numérisation. La prochaine étape du développement exigera une collaboration entre les fabricants, les opérateurs d’infrastructure, les fournisseurs de services de mobilité, le secteur financier et l’administration. Le rôle du marché est de réduire le nombre d’incertitudes auxquelles sont confrontés aujourd’hui les gestionnaires de flotte. Quant aux entreprises, leur rôle consistera à abandonner les achats isolés au profit de la conception d’un modèle d’utilisation global. Si ces deux processus se rencontrent au bon moment, les plans annoncés par les entreprises pourraient conduire à une expansion durable de l’électromobilité.