Essai d’autonomie à 120 km/h du Hyundai Ioniq 3

Le Hyundai Ioniq 3 arrive dans une catégorie où il devient de plus en plus difficile de se démarquer. Il ne suffit plus d’offrir une voiture électrique petite et facile à garer : elle doit également être adaptée pour les voyages, pouvoir transporter des passagers ou charger le coffre. Sans oublier d’être attrayante visuellement. La proposition de Hyundai vise précisément cet équilibre, avec un design qui s’éloigne de ce qui est conventionnel et deux options de batterie pour répondre à des besoins différents.
Dans cette gamme, il occupe l’espace entre l’Inster et le Kona électrique. C’est une position intermédiaire intéressante pour ceux qui trouvent le premier trop petit, mais qui n’ont pas non plus besoin de passer directement au second. On trouve également des modèles tels que le Renault 5, le Volkswagen ID. Polo ou le Cupra Raval, ainsi que des alternatives à empattement plus long comme le Kia EV2 et le Skoda Epiq. Comme on peut le voir, la concurrence se fait de plus en plus pressante, sans même parler de l’arrivée des constructeurs chinois qui compliqueront encore davantage la situation dans le segment compact.
Le design joue un rôle important dans cette comparaison. Alors que le Renault fait appel à la nostalgie, le Hyundai privilégie un look plus futuriste, avec une signature lumineuse composée de petits éléments rectangulaires et une silhouette marquée par le recul de la partie arrière. Il mesure 4,15 mètres de long, 1,80 mètre de large et environ 1,51 mètre de haut. Et attention : il dispose d’une empattement de 2 680 mm, une donnée clé de sa conception que nous vous expliquerons plus en détail, et qui peut être comparée aux 2 592 mm de l’ID. Polo et du Cupra Raval, ou aux 2 540 mm du Renault 5.

Sans aucun doute, le design est l’un des principaux atouts de l’Ioniq 3. C’est une voiture qui attire tous les regards où qu’elle aille. Il s’agit de l’un de ces modèles qui sont encore plus impressionnants en vrai que sur les photos. Son avant affûté, dominé par un ensemble de feux LED, constitue déjà en soi un argument pour ceux qui recherchent un aspect futuriste. De plus, il présente un coefficient aérodynamique de 0,26.
Mais l’arrière ne reste pas en retrait pour autant. Une partie arrière très sportive qui, dans cette version N Line, voit son apparence encore améliorée, donnant l’impression de se trouver face à une voiture bien plus sportive qu’elle ne l’est réellement.
Intérieur du Hyundai Ioniq 3

Dans l’ensemble, nous rencontrons des points très positifs. Dans ce cas, Hyundai n’a pas opté pour des expériences inhabituelles et a choisi une configuration qui fonctionne bien. La version de base est équipée d’un écran central de 12,9 pouces, complété par un écran frontal de 9,9 pouces, tandis que la nôtre dispose d’un panneau central de 14,6 pouces.
Le système multimédia s’appuie sur Android Automotive comme base de la plateforme logicielle de la marque, nommée Pleos OS. Le résultat est une fluidité exceptionnelle, à la hauteur des meilleures solutions du marché. Le format est également très familier, avec une zone de gauche destinée aux éléments visuels tels que ce que voit le conducteur, ainsi qu’un écran pour la consommation de contenus, tandis que la partie droite est réservée au navigateur. De plus, Hyundai a ajouté une série de boutons physiques qui permettent de bénéficier du meilleur des deux mondes : écran et boutons. Ainsi, chaque conducteur peut choisir ce qui lui convient le mieux.
La sensation de qualité est irréprochable, comme c’est habituel chez Hyundai, avec des matériaux bien assemblés et tout parfaitement fini. L’intérieur de cette version dispose même d’un atout en plus, à savoir un voile électrique pour le toit, qui est un véritable trésor en été pour se protéger du soleil intense.
Au sein du reste de l’équipement, il convient de souligner le système d’aide à la conduite, qui fonctionne plus que correctement en maintenant la voiture centrée dans sa voie sans trop de problèmes. Ainsi, nous pourrons voyager ou nous déplacer dans les embouteillages avec confort, car la voiture aide à maintenir une distance appropriée par rapport au véhicule qui nous précède, toujours sous notre surveillance.
J’ai mentionné précédemment la distance entre axes. Hyundai a vraiment fait des merveilles avec les 4,15 mètres de longueur de l’Ioniq 3, en exploitant au maximum l’espace intérieur grâce à une conception optimale de la plateforme. La distance entre axes de 2 680 mm nous permet de profiter d’un véhicule compact offrant plus d’espace que de nombreuses berlines. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire de choisir entre l’espace pour les places arrière et l’espace de coffre : nous avons tout.
Avec le siège conducteur réglé à ma taille, d’environ 1,70 mètre, j’ai plus de deux poings de distance depuis le siège arrière jusqu’au dossier avant. Je peux même croiser les jambes et m’asseoir comme dans une grande berline. C’est un avantage apprécié par les familles ayant des enfants et de grands siège auto.

Mais la grande surprise, pour le dire doucement, se trouve dans le coffre. En effet, Hyundai a réussi à concevoir un coffre atteignant 440 litres, grâce à un double fond gigantesque qui redéfinit le concept de « double fond ». C’est presque un triple fond. Le fait d’avoir placé le système de propulsion sur l’essieu avant a libéré de l’espace à l’arrière, permettant de créer un espace dans lequel on peut même entrer et s’asseoir confortablement. C’est vraiment impressionnant pour une voiture de cette taille.
Conduite du Hyundai Ioniq 3

Malgré un manque évident de puissance, il est vrai que conduire l’Ioniq 3 est plutôt amusant. Ce n’est pas une voiture puissante ni légère (1 555 kg), mais elle offre un équilibre très réussi entre performances et confort. À l’intérieur, on a l’impression de se trouver dans une voiture plus grande grâce à la hauteur des sièges et à une excellente visibilité. L’excellente insonorisation de l’habitacle ainsi que le filtrage offert par la suspension aident également à ce que se déplacer confortablement, même sur des routes mal entretenues, ne pose pas de problème. Et ce, malgré les pneus de 19 pouces qui, en plus de réduire l’efficacité, ne contribuent pas beaucoup à atténuer les chocs causés par les ornières.
La carrosserie de l’Ioniq 3 est très bien calibrée et parvient à affronter les virages sans perdre son équilibre. Elle n’est pas très rapide, comme nous le verrons, mais la combinaison de la suspension et de la carrosserie, associée à une direction très précise, rend la conduite toujours très agréable. De plus, l’Ioniq 3 dispose d’un élément que j’aime particulièrement : des leviers sur le volant permettant de contrôler l’intensité du freinage régénératif.
L’un des inconvénients de l’Ioniq 3 concerne ses moteurs, en particulier le manque de puissance. À cela s’ajoute une décision plutôt étrange de la part de Hyundai, qui a équipé la version d’entrée de un moteur de 147 ch, tandis que la version dotée d’une plus grande batterie n’en dispose que de 135 ch. C’est le monde à l’envers. Je comprends qu’il y ait une explication technique, mais du point de vue de l’acheteur, c’est difficile à comprendre.

Cela signifie que la version d’entrée de gamme accélère de 0 à 100 km/h en 8,8 secondes, tandis que la version la plus chère dotée d’une batterie plus grande nécessite 9,5 secondes. Ce sont des chiffres très modestes, surtout pour cette dernière si on les compare à ses concurrents tels que le Renault 5 de 150 ch ou l’ID. Polo de 210 ch. C’est une façon un peu risquée de faire des économies en chevaux fiscaux, ce qui peut entraîner une perte de ventes. Et cela sans même parler du fait qu’une puissance maximale plus élevée ne signifie pas nécessairement une consommation plus importante en usage quotidien.
Cette gamme propose deux options de batterie, avec une autonomie annoncée allant jusqu’à 497 km selon le WLTP pour la version à la plus grande capacité. Ensuite, il y a la question des pneus, que les constructeurs devraient revoir, car il n’a pas de sens de proposer des modèles de test comme celui-ci avec des pneus de 19 pouces, dignes d’une berline de deux segments au-dessus de l’Ioniq.
Essai d’autonomie à 120 km/h du Hyundai Ioniq 3

Mais parlons du turrón. Quelle autonomie réelle a l’Ioniq 3 ? Pour le savoir, nous l’avons soumis à notre test d’autonomie à 120 km/h entre 100 % et 5 % de charge. Un test très exigeant, avec des montées et des descentes constantes, que nous avons effectué sur un tronçon d’autoroute de 66 km, que nous avons parcouru à plusieurs reprises jusqu’à atteindre 5 % de charge.
Dans ce cas, les conditions restent favorables : 14 degrés à la sortie du test, la batterie climatisée, peu de vent et l’asphalte sec. Un test que nous avons réalisé avec le climatiseur réglé à 21 degrés.
Le résultat a montré que l’Ioniq 3 a réussi à parcourir 272 km jusqu’à atteindre 5 % de charge, avec une consommation moyenne de 19,2 kWh/100 km selon le compteur. Cela lui permet de se placer au-dessus des modestes 257 km du Leapmotor B10 et en dessous de l’Hyundai Ioniq 5 AWD.
En ce qui concerne la charge rapide, l’Ioniq 3 dispose d’une puissance maximale de 110 kW. À un niveau de 400 kW, avec la batterie à 7 %, il nous a fallu 36 minutes pour atteindre 80 %. Au total, ce niveau a permis d’alimenter la batterie de 48 kWh pendant la session. Cela permet de réaliser des trajets plus longs avec l’Ioniq 3 sans problème, mais il faut néanmoins faire preuve de patience. Ce modèle dispose en outre d’un système de préconditionnement de la batterie que l’on peut activer manuellement. C’est un élément essentiel que tous les véhicules électriques devraient avoir de nos jours.
Hyundai Ioniq 3 : prix et conclusion
En Espagne, l’Ioniq 3 Select de 147 ch, avec une autonomie de 335 km selon le WLTP, commence à 29.995 euros, prix avant aides ou promotions. En appliquant les réductions indiquées dans le configurateur en Espagne, ce montant descend à 21.985 euros en cas de financement. Il s’agit bien sûr d’une remise mentionnée en petits caractères qu’il convient d’examiner si l’on décide d’acheter cette voiture.
La version à batterie de plus grande capacité, quant à elle, commence à 33.995 euros, toujours avant aides et promotions. Quant à la version testée, l’Ioniq 3 N Line de 135 ch part de 39.995 euros.
Des prix que l’on peut mettre en perspective avec ceux de certains de ses principaux concurrents, bien qu’avant de comparer les offres il faille vérifier s’ils incluent des financements, des promotions ou des aides. Par exemple, le Volkswagen ID. Polo. La gamme annoncée comprend des moteurs de 115 et 135 ch associés à une batterie de 37 kWh, offrant jusqu’à 329 km selon le cycle WLTP. Il existe également une version de 210 ch avec une batterie de 52 kWh et jusqu’à 455 km WLTP, dont les prix commencent à 29 270 euros pour la version de 37 kWh et à 35 475 euros pour celle de 52 kWh.
Quant au Renault 5, sa version de 120 ch et 40 kWh, avec 321 km WLTP, est proposée à 28 065 euros, tandis que la version de 150 ch et 52 kWh, atteignant 431 km WLTP, coûte à partir de 31 085 euros.
Lequel choisiriez-vous ? La situation est assez compliquée avec trois alternatives très différentes les unes des autres. Le Renault 5 est plus petit et possède un design emblématique, mais il a une autonomie moindre, tout en étant moins cher. Le Polo est proposé en version de base, mais sa version à plus grande capacité atteint des chiffres très éloignés de ce à quoi on pourrait s’attendre pour un véhicule compact, tout comme l’Ioniq.
En fin de compte, il s’agit pour chacun d’évaluer les avantages et les inconvénients de ces trois propositions très différentes qui animent le segment des véhicules électriques de catégorie B en Espagne.
Comparaison : prix avant aides ou promotions
Position
Modèle
Version
Batterie
Puissance
Autonomie WLTP
Prix officiel (PVP / Sans offres)
1er
Renault 5
Evolution
40 kWh
120 ch
321 km
28.065 €
2e
Volkswagen ID.Polo
Match
37 kWh
115 ch
329 km
29.270 €
3º
Hyundai Ioniq 3
Select
42 kWh
147 CV
335 km
29.995 €
4º
Renault 5
Evolution
52 kWh
150 CV
431 km
31.085 €
5º
Hyundai Ioniq 3
Select
58 kWh
135 CV
497 km
33.995 €
6º
Volkswagen ID.Polo
Style
52 kWh
210 CV
455 km
35.475 €
7º
Hyundai Ioniq 3
N Line
61 kWh
135 CV
497 km
39.995 €