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Réglementation

Momenta surmonte l’obstacle des essais de niveau 4 en Allemagne

Momenta surmonte l’obstacle des essais de niveau 4 en Allemagne

L’Autorité fédérale allemande des transports routiers (KBA) a accordé à Momenta, le spécialiste chinois de la conduite autonome, une autorisation nationale pour des essais de niveau 4 dans la circulation urbaine. Cela élimine un obstacle réglementaire majeur pour le projet de robotaxi à Munich, annoncé pour la première fois il y a un an.

Momenta Robotaxi

Momenta a annoncé avoir reçu une licence d’essai de la part de l’Autorité fédérale des transports routiers (KBA). Cette autorisation permet des essais autonomes de niveau 4 sur les routes urbaines dans tout le pays. Selon Momenta, il s’agit de la première entreprise chinoise à obtenir une telle autorisation nationale pour la circulation urbaine de la part de cette autorité.

La valeur pratique de cette approbation réside moins dans sa signification symbolique que dans la réduction de la bureaucratie. Jusqu’à présent, les développeurs de fonctions de conduite autonome devaient suivre une procédure distincte pour chaque ville. C’est précisément là que de tels projets en Europe échouent généralement : non pas à cause de limitations logicielles, mais en raison de la question de savoir où les essais sont autorisés. Momenta peut désormais se déplacer, s’étendre ou poursuivre ses essais dans une deuxième ville à sa guise, sans avoir à recommencer le processus bureaucratique à chaque fois. De plus, la validation de la sécurité est directement conforme aux réglementations européennes, ce qui devrait raccourcir considérablement le chemin vers d’autres marchés de l’UE.

Conduite autonome de niveau 4 : ce que cela signifie en pratique

Le niveau 4 signifie que le véhicule peut fonctionner de manière entièrement autonome dans un domaine opérationnel prédéfini et peut être mis en état de sécurité sans intervention humaine en cas de panne. Cela élimine la nécessité d’un conducteur de secours pour prendre le contrôle en cas d’urgence. Par conséquent, les efforts requis pour démontrer la conformité sont complètement différents de ceux des systèmes d’assistance au conducteur de niveau 2, qui sont désormais standard dans presque toutes les voitures neuves.

Avec la loi sur la conduite autonome de 2021, l’Allemagne est devenue l’un des premiers pays au monde à établir un cadre juridique dans lequel la KBA agit en tant qu’autorité d’approbation. La réputation de cette autorité en tant qu’organisme d’évaluation particulièrement strict est précisément la raison pour laquelle Momenta met l’accent sur cette approbation : ceux qui la obtiennent disposent d’une référence ayant de l’importance à l’échelle internationale.

Techniquement, Momenta s’appuie sur ce qu’elle appelle un Modèle Mondial – un système qui non seulement perçoit son environnement mais prédit également son évolution future. Le PDG Xudong Cao l’explique comme un système qui doit non seulement voir la route mais aussi la comprendre. Il doit également être capable d’anticiper comment une situation va se dérouler avant même qu’elle ne se produise. Ce principe est à l’origine de la différence fondamentale entre un système d’aide à la conduite et un véhicule entièrement autonome : une approche basée sur des règles réagit, tandis qu’un modèle prédictif planifie. Dans les embouteillages urbains dense, avec des cyclistes, des camionnettes de livraison garées en deuxième file ou des piétons qui sortent entre les voitures stationnées, cette capacité détermine la qualité et la sécurité de la conduite.

Munich reste le marché principal

Cette approbation n’est pas venue de nulle part : en septembre 2025, Uber et Momenta ont annoncé leurs intentions de tester conjointement des robotaxis à Munich à partir de 2026, avant d’étendre ce service en Europe. À l’époque, il n’était cependant pas clair à quelle vitesse les exigences pourraient être remplies. En plus de démontrer la fonction de conduite, une zone d’exploitation spécifique doit être définie et approuvée par les autorités. Le lancement dans la capitale bavaroise n’est pas un hasard : bien que le siège européen de Momenta se trouve à Böblingen, près de Stuttgart, l’entreprise dispose également d’un bureau à Munich. De plus, Momenta fournit des systèmes d’assistance au conducteur pour les modèles chinois de BMW et Mercedes-Benz, et compte depuis 2017 le constructeur basé à Stuttgart parmi ses investisseurs. Des liens existent également avec Audi et le groupe Volkswagen.

Le moment de cette annonce coïncide également avec des évolutions financières : Momenta a été introduite en bourse à Hong Kong le 8 juillet, levant environ 6,8 milliards de dollars hongkongais. Environ un cinquième de ce montant est destiné à la commercialisation de son service de robotaxi. Uber a augmenté sa participation lors de cette introduction en bourse et détient désormais environ 1,19 million d’actions – d’une valeur d’environ 45 millions de dollars américains – via une filiale. Outre Uber, parmi les investisseurs figurent Grab, Lumo et EnjoyGo (le service de mobilité de SAIC Motor).

Malgré les progrès réalisés en matière de mobilité autonome, il convient d’avoir une perspective réaliste : un permis de test n’est pas une licence opérationnelle. De nombreuses étapes d’approbation supplémentaires séparent les essais d’un service permettant aux passagers réguliers de monter à bord et de voyager. Momenta n’a pas encore annoncé de date de lancement pour ce service. Le fait que Apollo Go de Baidu soit simultanément mis en service à Londres via la filiale de Lyft, Freenow, souligne un point essentiel : la course pour disposer de la première flotte de robotaxis en Europe est en plein essor, et les véhicules correspondants proviennent principalement de Chine.

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Source: electrive