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La nouvelle stratégie de l’Europe menace d’augmenter le prix des voitures électriques : jusqu’à 2 100 euros de plus à cause d’une simple décision

La nouvelle stratégie de l’Europe menace d’augmenter le prix des voitures électriques : jusqu’à 2 100 euros de plus à cause d’une simple décision

Le prix des batteries reste l’un des facteurs qui conditionnent le plus l’accès à la voiture électrique, en particulier dans les segments les plus abordables du marché. Cependant, les plans de l’Union européenne visant à renforcer son indépendance industrielle pourraient entraîner des surcoûts importants pour ces véhicules, au point que certaines exigences de fabrication communautaire ajouteraient plus de 2 000 euros au prix d’une voiture électrique conventionnelle.

Ce est l’une des principales conclusions d’un rapport publié par Bruegel, un centre de recherche économique basé à Bruxelles, qui analyse les conséquences des mesures prises par l’Union européenne pour faire face à une concurrence internationale croissante. Ses auteurs remettent en question le fait que la protection commerciale soit suffisante pour redonner une position aux fabricants européens et avertissent que déplacer la production de composants stratégiques sur le continent, sans réduire au préalable leurs coûts, pourrait entraver l’électrification du parc automobile.

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Le coût de fabrication des batteries en Europe menace particulièrement les véhicules électriques les moins chers

Cette étude donne des chiffres sur l’impact que pourrait avoir l’imposition de exigences relatives au contenu local dans la fabrication de voitures. La production obligatoire des cellules de batterie à l’intérieur de l’UE augmenterait leur coût estimé de 50 à 85 euros par kWh, ce qui représenterait une différence de 2 100 euros supplémentaires pour une voiture électrique équipée d’une batterie de 60 kWh. L’utilisation d’acier à faibles émissions pourrait encore augmenter la facture de 200 euros, par rapport aux environ 61 euros par véhicule que permettraient d’économiser les mesures de simplification des homologations proposées par la Commission européenne.

L’impact de ces augmentations ne serait pas identique pour tous les véhicules, car ils représenteraient une proportion plus élevée du prix des modèles d’entrée de gamme et affecteraient particulièrement les acheteurs ayant une capacité économique limitée. Bruegel met ainsi en évidence une contradiction entre l’objectif de rendre la mobilité électrique plus abordable et l’intention de concentrer sa chaîne d’approvisionnement en Europe, bien qu’il reconnaisse que cette dernière stratégie permettrait de réduire l’exposition aux perturbations éventuelles du commerce international.

Le document examine également les effets des barrières commerciales mises en place face à la concurrence chinoise. Depuis octobre 2024, les voitures entièrement électriques fabriquées en Chine sont soumises à des droits de douane compensatoires supplémentaires allant jusqu’à 35,3 %, une mesure qui n’est pas appliquée de la même manière aux hybrides rechargeables.

Cette différence coïncide avec une augmentation des importations de ces derniers et une stabilisation de celles relatives aux véhicules électriques purs, ce qui, selon Bruegel, réduit l’efficacité des droits de douane visant à protéger la production européenne et peut favoriser la commercialisation de véhicules ayant des émissions plus élevées lors de leur utilisation.

L’industrie européenne perd en production tandis que la Chine renforce sa présence sur le marché

La pression concurrentielle se reflète dans les chiffres de production du continent, qui enregistrent une baisse d’environ 2,6 millions de voitures par rapport à 2019, soit 19 % de sa production totale. La demande n’a pas non plus retrouvé ses niveaux précédents, avec 2,2 millions de voitures neuves en moins vendues en Europe en 2025 par rapport à six ans auparavant. Néanmoins, l’industrie automobile continue de garantir environ 14 millions d’emplois dans l’Union européenne, ce qui représente près de 6 % du total, et maintient une activité d’exportation importante ainsi que des investissements dans de nouvelles installations pour la fabrication de batteries et de véhicules électriques.

À cette situation s’ajoute la présence croissante de voitures fabriquées en Chine, qui, selon les données recueillies par Bruegel, représenteront déjà plus de 20 % des ventes de véhicules électriques dans l’UE d’ici 2026. Plus de la moitié de ces unités sont commercialisées sous des marques occidentales, ce qui montre la complexité d’imposer des restrictions basées exclusivement sur le pays de fabrication.

Le rapport remet également en question les effets des aides françaises à l’achat, dont les critères environnementaux excluent de nombreux modèles importés, et qui coïncident avec une baisse de 60 % des ventes de véhicules électriques ne remplissant pas les conditions pour en bénéficier, par rapport aux véhicules éligibles à des subventions.

Bruegel propose de négocier avec la Chine et d’exploiter ses investissements pour retrouver sa compétitivité.

Parmi les alternatives proposées figure un accord commercial temporaire avec Pékin qui fixerait des limites aux exportations de voitures électriques et hybrides rechargeables vers l’Europe, accompagné de mécanismes permettant de rétablir les restrictions si l’une des parties ne respecte pas ce qui a été convenu.

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Cet institut préconise également d’harmoniser le traitement tarifaire des deux technologies et de faciliter l’arrivée de fabricants étrangers sur le continent, bien qu’il reconnaisse qu’un système de quotas pourrait soulever des difficultés juridiques auprès de l’Organisation mondiale du commerce et engendrer des coûts supplémentaires pour les acheteurs européens.

La participation asiatique dans l’industrie des batteries communautaires est déjà considérable, les entreprises sud-coréennes concentrant 65 % de la capacité de production de cellules de batterie en Europe, tandis que les entreprises chinoises représentent 55 % de la capacité actuellement en construction. Selon Bruegel, l’arrivée d’investissements et de technologies étrangères devrait permettre aux fabricants européens de retrouver leur compétitivité, plutôt que de devenir un obstacle à la transformation du secteur.

Le rapport souligne ainsi la nécessité de concilier le développement d’une industrie propre avec l’accès à des véhicules électriques abordables, afin d’éviter que les mesures visant à protéger la production européenne ne finissent par augmenter le coût de son principal marché.