Le Freelander 8 a reçu 10 000 commandes en 48 heures. Ce SUV rétro de JLR et Chery vise l’Europe.

Le nouveau Freelander 8, premier modèle de la marque Freelander relancée par Chery Jaguar Land Rover, a recueilli plus de 10 000 précommandes en 48 heures depuis le lancement des ventes anticipées en Chine le 14 août. Les prix commencent à 339 900 yuans, soit environ 50 000 dollars.
C’est un fort signe de demande, mais avec une nuance. En Chine, de tels résultats reposent généralement sur des acomptes remboursables, donc les livraisons réelles sont encore loin.
Qu’est-ce que le Freelander 8 et combien coûte-t-il ?
Le Freelander 8 est un grand SUV de luxe doté d’un système EREV, c’est-à-dire un véhicule électrique équipé d’un générateur à combustion interne. Ce projet est le fruit d’une coentreprise entre Chery et Jaguar Land Rover, qui ont créé Freelander en mars en tant que marque distincte de véhicules électrifiés. Le plan prévoit 6 modèles d’ici 5 ans.
Pour les ventes anticipées en Chine, 5 versions sont disponibles :
Version
Disposition des sièges
Prix
Base
5 places
339 900 yuans
Pro
6 places
349 900 yuans
Max
6 places
379 900 yuans
Max+
6 places
429 900 yuans
Édition Launch, 1000 unités
6 places
459 900 yuans, ou 449 900 yuans après confirmation de la commande
La cabine a été conçue pour un client premium chinois. On y trouve un grand écran, des fauteuils de type captain chairs dans la deuxième rangée avec fonction chauffage, ventilation et massage, des tables de vol, un réfrigérateur ainsi qu’une illumination LED atmosphérique. C’est un peu comme une combinaison entre un Land Rover et un Aito M9, mais dans un emballage plus rectangulaire et rétro.
610 kW, batterie CATL de 60,3 kWh et charge de 20 à 80 % en 12 minutes
Techniquement, il s’agit de l’un des débuts les plus intéressants en provenance de Chine ces dernières semaines. Le Freelander 8 utilise un système EREV comprenant un moteur à essence 1,5 turbo en tant que range extender et deux moteurs électriques. La puissance totale du système atteint 610 kW, soit environ 818 chevaux, et l’accélération de 0 à 100 km/h ne prend que 4,6 s.
L’alimentation énergétique est assurée par une batterie CATL d’une capacité de 60,3 kWh, qui, selon la norme chinoise CLTC, devrait permettre une autonomie de 310 km en mode électrique pur. Cela semble bon sur le papier, mais la CLTC est nettement plus optimiste que le standard européen WLTP, sans parler de la conduite réelle sur autoroute.
La voiture est basée sur l’architecture 800 V 6C. Le constructeur affirme que la charge de 20 à 80 % peut être effectuée en 12 minutes. Si ce résultat se confirme en dehors des diapositives de présentation, cela représentera un niveau parmi les meilleurs du marché. La question est de savoir quelle sera la puissance maximale atteinte et pendant combien de temps la voiture pourra la maintenir.
Ce dernier est complété par un suspens pneumatique à deux chambres, un blocage mécanique du différentiel à l’avant et le système tout-terrain i-ATS calibré en collaboration avec Huawei. Le catalogue accepte tout, mais l’équipement est ambitieux.
Huawei ADS 5 en standard, avec une sortie hors de Chine dès la fin de l’année
Toute version dispose en série du système d’aide au conducteur Huawei Qiankun ADS 5. La voiture fait également partie des premiers modèles équipés du système automobile Qualcomm Snapdragon 8397, offrant une puissance de calcul de 320 TOPS. L’ensemble des capteurs comprend un LiDAR à 896 canaux ainsi qu’un LiDAR semi-conducteur dToF à l’arrière, en plus de radars et de caméras.
Ici aussi, il faut garder son calme. ADS 5 ne fera pas d’une voiture une véritable autonomie, et les fonctions ADAS chinoises, une fois arrivées en Europe, sont généralement affaiblies en raison de l’homologation, des cartes et des réglementations locales.
Le premier exemplaire en série a quitté la chaîne de production à Changshu le 30 juillet, et l’usine a reçu 3 milliards de yuans supplémentaires en investissements pour une nouvelle marque. La première version destinée à l’export devrait arriver au Moyen-Orient entre la fin de cette année et le début de l’année prochaine. Ensuite, l’Europe continentale semble être la destination logique, car le véhicule est à conduite à gauche et vise le segment premium, où les marques allemandes dominent depuis des années presque sans partage.
Si le Freelander 8 arrive vraiment en Europe avec de telles spécifications et à un prix raisonnable, il pourrait faire beaucoup de bruit. La question est de savoir combien de ces 10 000 commandes se transformeront en livraisons, et si JLR réussira à vendre aux Chinois des modèles rétro mieux que ses modèles premium classiques.
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