Première expérience de conduite : le Volvo EX60 impressionne par son confort de conduite raffiné

Il est à peine 8h30, par une matinée grise à Hambourg, lorsque un membre de l’équipe Volvo me tend un smartphone au lieu d’une clé. Il n’y a ni boîtier de clés ni carte : le Volvo EX60 utilise une Clé Numérique. C’est la première fois que je démarre un essai de Volvo sans clé conventionnelle, et l’expérience me semble étrange. Il est impossible de juger si cela deviendra une habitude dans l’usage quotidien au cours d’un trajet de quatre heures. Néanmoins, c’est une introduction appropriée à un véhicule qui adopte une approche différente dans plusieurs domaines.
Pourquoi l’EX60 est si important pour Volvo
J’abandonne délibérément la ville pour me diriger vers l’Alte Land. La raison est simple : je veux conduire, et non passer le trajet dans des embouteillages incessants. Le parcours fait environ 30 kilomètres dans chaque sens, en incluant des autoroutes, des routes de campagne et un court tronçon en milieu urbain. Chaque étape dure environ 50 minutes. Le temps est typique du nord de l’Allemagne : températures de 18 degrés Celsius, ciel majoritairement nuageux, pluies occasionnelles et de brèves périodes ensoleillées. J’active le chauffage des sièges au niveau deux, celui du volant au niveau un, et je règle la température intérieure à 22 degrés Celsius, une valeur confortable. Comme tous les véhicules de test disponibles ce jour-là, ma voiture est un P10 AWD Ultra, qui combine un groupe motopropulseur de milieu de gamme avec le niveau d’équipement le plus élevé.
Groupe motopropulseur exceptionnellement silencieux et puissant
Dès les premiers kilomètres, une chose se distingue par-dessus tout : le silence. L’EX60 est exceptionnellement silencieux, et ce n’est pas un hasard. Le système audio Bowers & Wilkins optionnel, doté de 28 haut-parleurs, génère activement des ondes anti-bruit, ce qui rend l’habitacle encore plus serein qu’il ne l’est déjà. Le résultat est un intérieur qui ressemble à une pièce insonorisée. Cet effet est particulièrement perceptible sur l’autoroute, où le bruit du vent dominerait normalement.
L’autoroute met également en évidence les caractéristiques du système de propulsion à deux moteurs du P10. Fournissant 375 kW (510 ch), il offre une forte accélération sans être agressif ni artificiellement sportif. Les performances sont toujours disponibles, mais ne nécessitent jamais d’attention particulière. Volvo a délibérément évité de transformer l’EX60 en SUV haut de gamme. Au contraire, la suspension atténue facilement les irrégularités du terrain, tandis que la direction fournit un retour suffisant et peut être réglée selon plusieurs paramètres. Après environ 20 minutes au volant, l’EX60 donne l’impression d’un véhicule de voyage raffiné qui privilégie le confort au spectacle.
Les systèmes d’aide à la conduite ont encore des progrès à faire
Les routes de campagne menant vers l’Alte Land révèlent également les domaines où l’EX60 a encore besoin d’améliorations. Les systèmes de reconnaissance des panneaux de signalisation et de détection des limites de vitesse ne sont que modérément fiables et ne parviennent pas toujours à identifier correctement les limites autorisées. Dans un véhicule de cette gamme de prix, ces fonctions devraient fonctionner sans problème. Au moins, les avertissements restent discrets et moins intrusifs que ceux de certains concurrents.
Pendant le trajet, j’ai également testé l’assistant vocal Google Gemini, qui fait ses débuts dans l’EX60. Les résultats sont mitigés : lorsqu’on lui pose des questions sur les ceintures de sécurité multi-adaptatives, le système fournit une réponse détaillée et spécifique au véhicule. Cependant, lorsque je demande s’il est possible d’installer un porte-vélos sur le toit, la réponse est si générale qu’elle n’a que peu de valeur pratique.
Intérieur spacieux avec design scandinave
Après la première étape du voyage, je m’arrête pour examiner de plus près l’EX60 alors qu’il est immobile, en me concentrant sur son intérieur, son coffre et ses détails pratiques. C’est là que la empattement de presque trois mètres fait une différence notable. Je règle d’abord le siège conducteur pour une personne mesurant 1,90 mètre, puis je monte à l’arrière avec ma taille de 1,65 mètre. Il y a plus que suffisamment d’espace, et même une personne mesurant environ 1,70 mètre disposerait encore d’un espace suffisant pour les jambes.
L’intérieur allie un aspect haut de gamme au langage de design typiquement scandinave attendu de Volvo. Le grand toit en verre panoramique peut être assombri via l’écran central, tandis que les compartiments de rangement sont pratiques et bien conçus. Le coffre offre une capacité de 523 litres, qui augmente à 1 647 litres lorsque les sièges arrière sont rabattus. Un coffre avant de 58 litres fournit un espace de rangement supplémentaire. Des détails tels qu’un seau amovible, un sac de transport et un plancher à chargement séparé peuvent sembler mineurs, mais ce sont précisément ces fonctionnalités pratiques qui se révèlent utiles dans la conduite quotidienne.
Lorsqu’on sort de la voiture, un détail se distingue particulièrement : les poignées de porte. Volvo a introduit un design appelé Wing-Grip, qui ressemble à une petite aile ou à un bord dentelé. J’étais initialement sceptique, car les poignées de porte atypiques exigent souvent un certain temps d’adaptation. Cependant, sur l’EX60, elles se trouvent exactement là où j’atteins instinctivement, il n’est donc pas nécessaire de s’y adapter.
L’extérieur reste également fidèle au langage de design de Volvo. C’est là un compliment. L’EX60 présente un aspect sobre et épuré, influencé par le minimalisme scandinave, sans paraître encombrant. Ses proportions sont plus proches celles d’une berline que celles d’un SUV haut, ce qui lui confère une silhouette plus élégante que celle de nombreux concurrents dans ce segment.
Ma voiture de test est peinte dans la nouvelle teinte Forest Lake, un vert métallique semi-obscur qui passe du vert forêt au turquoise en fonction de la lumière. C’est mon élément préféré à l’extérieur. Dans l’ensemble, cependant, la palette de couleurs reste sobre. Les acheteurs qui appréciaient le jaune mousse ou le bleu nuage de l’EX30 trouveront que les options de peinture de l’EX60 sont considérablement plus discrètes.
Trop de dépendance à l’écran tactile
Lors du retour, je porte mon attention sur les commandes. Presque toutes les fonctions du véhicule s’actionnent via l’écran tactile central, y compris des fonctions qui pourraient bénéficier de commandes physiques dédiées, comme les rétroviseurs extérieurs, les phares et les orifices d’aération. Au moins, l’ajustement des rétroviseurs et les commandes du volant sont accessibles via des boutons de raccourci clairement identifiés. Moins convaincante est la disposition des feux d’avertissement dans le coin inférieur droit de l’écran, ce qui les rend plus faciles à atteindre pour le passager que pour le conducteur. Volvo a au moins conservé un bouton physique pour les feux d’avertissement en haut au centre du tableau de bord.
Le volant est une autre caractéristique distinctive. Il est exceptionnellement compact, aplati en haut et en bas, et adopte un design à deux rayons. Selon Volvo, le volant plus petit permet une vue dégagée sur l’écran du conducteur, situé haut près du pare-brise, ce qui permet au conducteur de voir plus facilement à la fois les instruments et la route. Ce concept est logique, et le volant tient mieux dans la main que je ne l’aurais imaginé. Néanmoins, il s’agit d’une question de préférence personnelle. Dans un véhicule de cette taille, j’aurais préféré un volant légèrement plus grand et plus solide. C’est l’un des premiers détails qui saute aux yeux en montant dans la voiture.
Un autre aspect du tableau de bord qui se distingue est l’écran destiné au conducteur, qui ne montre qu’un choix limité de données de conduite. Des informations telles que la consommation d’énergie ou la distance parcourue sont disponibles, mais uniquement via le menu tactile central. Cela semble inutilement compliqué et moins intuitif que de présenter ces données directement dans le tableau de bord instrumenté.
L’EX60 ne dispose pas non plus d’un afficheur tête haute, même en tant qu’option. Personnellement, je ne l’ai pas regretté, car l’écran du conducteur fournit les informations les plus importantes. Néanmoins, il convient de noter que de nombreux concurrents dans cette gamme de prix offrent un afficheur tête haute.
De retour au point de départ, j’examine plus attentivement les chiffres. Ironiquement, la fonction que je n’ai pas pu tester est justement le point fort le plus technique de l’EX60. Conçu sur une architecture de 800 volts, ce SUV prend en charge la charge en courant continu jusqu’à 370 kW. Selon Volvo, il suffit de 16 minutes, dans des conditions idéales et en fonction de la version, pour recharger la batterie de 10 à 80 %. Cependant, les véhicules d’essai commençaient la journée avec 95 % de charge, et mon trajet de 60 kilomètres n’a fait baisser la batterie qu’à 83 %. Dans de telles conditions, un test significatif de charge rapide n’était tout simplement pas possible. C’est quelque chose que je devrai évaluer une autre fois.
18,2 kWh/100 km dans des conditions réalistes
Les chiffres relatifs à la consommation et à l’autonomie sont plus révélateurs. Au début du trajet, avec une batterie à 95 % de charge, l’EX60 affichait une autonomie restante de 420 kilomètres. Lorsque la charge tombait à 88 %, cette estimation augmentait à 430 kilomètres avant de revenir à 420 kilomètres à 83 % de charge. Cette augmentation temporaire n’était pas due à une panne, mais résultait d’une conduite efficace, le ordinateur de bord recalculant constamment l’autonomie prévue.
La consommation énergétique finale était de 18,2 kWh/100 km. Pour le P10 AWD Ultra, Volvo indique une consommation WLTP comprise entre 16,2 et 19,2 kWh/100 km. Compte tenu des conditions — 18 degrés Celsius, pluie, conduite sur autoroute et utilisation du chauffage des sièges et du volant — le chiffre mesuré reste bien dans la fourchette attendue pour un SUV de cette taille.
Pour donner du contexte, ma voiture de test P10 AWD est équipée d’une batterie de 95 kWh (en poids brut), dont 92 kWh sont utilisables. Le groupe motopropulseur à deux moteurs développe 375 kW (510 ch), accélère de 0 à 100 km/h en 4,6 secondes et offre une capacité de remorquage allant jusqu’à 2 400 kilogrammes. Volvo indique une autonomie combinée WLTP allant jusqu’à 613 kilomètres, qui monte à 757 kilomètres en conditions urbaines. Comme pour tous les modèles Volvo, la vitesse maximale est limitée électroniquement à 180 km/h.
Le Volvo EX60 commence à 62 990 euros, soit 5 000 euros de moins que le XC60 hybride rechargeable. Selon Volvo, une version Core plus abordable sera proposée ultérieurement, ce qui devrait faire baisser le prix de départ en dessous de 60 000 euros. Ma voiture de test, équipée d’accessoires optionnels, avait un prix de catalogue de 77 800 euros.
Conclusion
Après quatre heures au volant, une impression ressort par-dessus toutes les autres : l’EX60 privilégie le calme à l’épate. Il offre ses performances sans effort, adopte un design sobre plutôt que provocateur, et évite de submerger le conducteur de technologies. Sa plus grande faiblesse réside dans son concept de commande, qui repose trop sur l’écran tactile central et nécessite un certain temps d’adaptation.
Cependant, ceux qui sont prêts à s’y adapter découvriront un SUV électrique qui parvient à transposer avec succès les forces traditionnelles de Volvo dans l’ère électrique. L’EX60 allie un espace intérieur généreux, un haut niveau de confort, une cabine exceptionnellement silencieuse et des caractéristiques de conduite clairement orientées vers les longs trajets. Dans l’ensemble, il figure parmi les SUV électriques de taille moyenne les plus complets actuellement disponibles.