Le carburant atteint près de 3 euros le litre en Europe : voici l’avantage de se déplacer en voiture électrique

Si quelqu’un montrait aujourd’hui une photo d’une station-service française affichant près de 3 euros le litre, beaucoup penseraient probablement qu’il s’agit d’une image manipulée. Pourtant, ce prix est bien réel. Dans une station-service située sur l’autoroute A11, dans la zone de Portes d’Angers Sud, le litre d’essence SP98 a atteint lundi 14 euros 28,90, tandis que le diesel coûte 2 euros 79 et l’essence E10 2 euros 71.
Ce chiffre est particulièrement frappant car il indique qu’il ne reste que 10,1 centimes pour franchir la barrière psychologique des 3 euros par litre. Pour remplir un réservoir de 50 litres avec du SP98, il faudrait débourser 144,95 euros, une somme qui, il y a peu encore, aurait semblé purement absurde. C’est précisément pour cette raison que certaines photos prises par des automobilistes devant les pompes ont suscité des commentaires sur les réseaux sociaux, se demandant si elles étaient bien réelles ou générées par l’intelligence artificielle.
Ce n’est pas une situation propre à cette station. Les stations-service des autoroutes françaises sont connues depuis des années pour leurs prix plus élevés que ceux des stations situées en dehors des grandes voies, mais le niveau atteint actuellement remet à nouveau ce problème sur la table. Sur l’A11 elle-même, par exemple, d’autres stations de la région de Parcé-sur-Sarthe approchent également les 2,80 euros par litre d’essence.
L’autoroute fait encore monter le prix du carburant

Le fait que le prix soit si élevé dans ces endroits n’est pas un mystère. Les stations situées le long des autoroutes supportent des coûts plus élevés en raison de leur emplacement et de leur fonctionnement continu, et elles accueillent en outre une clientèle fidèle qui a souvent besoin de faire le plein avant de poursuivre son voyage. Cela permet de maintenir une différence importante par rapport aux stations-service situées en dehors des grandes artères routières.
Le pétrole remonte en flèche à cause des tensions internationales

Derrière cette nouvelle escalade se cache un problème bien plus grave que le prix d’une station spécifique. Le pétrole a de nouveau dépassé clairement les 100 dollars le baril, et le Brent a atteint près de 110 dollars, dans un marché de plus en plus conditionné par la situation au Moyen-Orient.
L’un des principaux foyers de tension se trouve dans la région de la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb. Les attaques contre des navires et des infrastructures liées au pétrole obligent à modifier les routes commerciales et augmentent les coûts du transport maritime. En même temps, les problèmes sur certaines infrastructures pétrolières ajoutent encore plus d’incertitude au marché.

Tout cela finit par arriver, avec un certain retard, aux stations-service. Lorsque le coût du pétrole et des transports augmente, le prix de gros du carburant finit par en refléter l’impact. Le problème pour les conducteurs, c’est que la baisse des prix met généralement plus de temps à atteindre les pompes que l’augmentation, surtout lorsque le marché est marqué par tant d’incertitudes.
La différence par rapport aux véhicules électriques est déjà énorme

Il existe un moyen simple de mettre ces chiffres en perspective. En prenant comme référence une voiture électrique ayant un consumo moyen de 16 kWh/100 km et un prix de 0,19 euros par kWh, taxes incluses (prix moyen en France), parcourir 100 kilomètres ne coûte que 3,04 euros. Pour un conducteur qui parcourt 15 000 kilomètres par an, les dépenses énergétiques s’élèveraient à environ 456 euros. Ce chiffre peut varier en fonction du consumo réel, mais il permet de se faire une idée claire de la différence par rapport aux carburants fossiles.
La comparaison devient encore plus frappante en utilisant les prix indiqués dans cette nouvelle. Une voiture diesel consommant 5 litres tous les 100 kilomètres aurait besoin de 14,10 euros pour parcourir 100 kilomètres si elle faisait le plein à 2,81 euros par litre. Sur une distance annuelle de 15 000 kilomètres, les dépenses s’élèveraient à environ 2 114 euros. Dans le cas d’une voiture essence consommant 6 litres tous les 100 kilomètres et dont le prix du carburant est de 2,89 euros par litre, le coût monterait à 17,39 euros pour 100 kilomètres et à 2 609 euros par an.
Cela signifie que, à ces prix, la voiture électrique permettrait une économie d’énergie annuelle d’environ 1 658 euros par rapport au diesel et de 2 153 euros par rapport à l’essence, en ne tenant compte que du coût de l’énergie et en supposant que la recharge se fait habituellement au tarif de 19 centimes par kWh. La différence est suffisamment importante pour que une hausse ponctuelle du prix du pétrole ait un impact très différent sur le portefeuille d’un conducteur de voiture électrique.
Et voici l’un des arguments qui gagnent en importance lorsque le prix du pétrole explose. Une voiture électrique n’est pas complètement indépendante des prix de l’énergie, mais elle permet de remplacer une partie importante de l’incertitude liée au pétrole par un coût de l’électricité bien plus stable, surtout pour ceux qui peuvent se recharger chez eux. De plus, dans cet exemple précis, parcourir 15 000 kilomètres par an à l’électricité coûterait moins d’un quart de ce que cela coûterait avec une voiture à essence de 6 litres.
L’essence redevient un problème social

L’augmentation du prix de l’essence commence également à avoir des conséquences qui dépassent de loin les automobilistes effectuant de longs trajets. Pour des millions de personnes qui ont besoin de leur voiture pour se rendre quotidiennement au travail, emmener leurs enfants à l’école ou simplement vivre en dehors des grandes villes, le prix du carburant devient directement une hausse du coût de la vie.
Et la situation génère à nouveau un phénomène qui rappelle inévitablement 2018. Ces dernières semaines, des appels à relancer les gilets jaunes et à organiser des manifestations le 17 octobre prochain ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux français. Cette date apparaît de plus en plus fréquemment dans les vidéos et messages publiés sur ces réseaux.
Pour le conducteur qui n’a pas d’autre choix que la voiture, les options immédiates sont assez limitées. Comparer les prix et éviter les stations-service peut permettre d’économiser une somme importante, mais cela ne résout pas le problème de fond. Quant à ceux qui peuvent se l’offrir, la voiture électrique revient plus que jamais comme un moyen de réduire l’exposition aux fluctuations des prix du pétrole, surtout lorsqu’on dispose d’un chargeur domestique et que l’on peut se recharger avec de l’électricité à un coût raisonnable.
La grande question est de savoir jusqu’où ira cette escalade. Car voir un distributeur afficher 2,89 euros le litre peut encore sembler une exception, mais il y a à peine quelques années, cela aurait paru tout simplement impossible. Et si le prix du pétrole reste supérieur à 100 dollars, la barre des 3 euros pourrait cesser d’être une image surprenante sur les réseaux sociaux pour devenir le prochain symbole d’une crise énergétique qui ne semble toujours pas avoir atteint son paroxysme.