Un membre du Congrès exerce des pressions sur le DOT au sujet de FSD de Tesla après 43 vidéos de conducteurs endormis

Contenu de la lettre
Cette lettre relie ce comportement directement à une enquête fédérale déjà en cours. L’analyse technique de la NHTSA, EA26002, concerne environ 3,2 millions de véhicules Tesla équipés du FSD.
Krishnamoorthi souligne également un message affiché par les véhicules Tesla aux conducteurs : « Somnolence détectée. Restez concentré avec le FSD ». Il affirme que ce message fait exactement l’inverse de ce que requiert la sécurité.
« Le FSD nécessite une surveillance humaine continue, or ce message semble encourager l’utilisation du système précisément lorsque le véhicule a détecté que le conducteur pourrait être moins capable », écrit-il.
Tesla a en effet souvent publié des messages sur les réseaux sociaux indiquant qu’il fallait être mieux reposé en conduisant avec le FSD.
La NHTSA est déjà à un pas d’un rappel
L’enquête citée par Krishnamoorthi n’est pas nouvelle. En mars, la NHTSA a élevé son enquête sur le FSD au statut d’analyse technique, dernière étape avant que l’agence ne clôture l’affaire ou ne ordonne un rappel. Cette enquête a identifié neuf incidents liés à des conditions de visibilité réduite, dont un décès et une blessure.
Cette lettre met en évidence un manque que Electrek suit depuis des mois : le système de surveillance embarqué de Tesla ne parvient pas à maintenir de manière fiable l’attention des conducteurs. Les propriétaires ont trouvé des moyens peu coûteux pour y contourner le système. Certains recouvrent la caméra de cabine avec un billet plié, d’autres portent des lunettes de soleil pour tromper le suivi oculaire. Nous avons documenté toute une catégorie de conducteurs qui se filment en enfreignant les règles liées au FSD afin de gagner en notoriété.
C’est là l’essence du problème. Les propres manuels de Tesla indiquent qu’une surveillance continue est requise, et les conducteurs continuent de démontrer à quel point il est facile de falsifier ce contrôle.
Les cinq questions
Krishnamoorthi exige des précisions de la part de l’NHTSA. Il demande si l’agence est au courant des vidéos et si celles-ci indiquent un problème systémique, si elle a contacté Tesla au sujet des incidents, ainsi quels données elle a collectées sur l’inattention des conducteurs dans les accidents depuis le 1er janvier 2024.
Il souhaite également une évaluation de l’NHTSA sur l’efficacité réelle de la caméra intérieure de Tesla, et plus précisément, quels résultats entraîneraient un rappel pour raisons de sécurité.
Le point de vue d’Electrek
Les lettres envoyées par le Congrès ont rarement un impact direct sur une agence fédérale, et celle-ci relève du DOT qui n’a pas montré beaucoup d’enthousiasme à s’attaquer à Tesla. Je ne m’attends donc pas à des événements marquants d’ici le 30 septembre.
Mais la question posée par Krishnamoorthi est la bonne. Tesla a développé la caméra intérieure en réponse aux années de critiques concernant le suivi des conducteurs. Et un billet de 20 dollars suffit à la rendre inutile. Si votre système détecte qu’un conducteur s’endort et que sa réaction est de lui demander de rester concentré grâce au FSD plutôt que de l’obliger à s’arrêter et à tenir le volant, alors vous avez conçu ce système pour maintenir activée cette fonctionnalité, et non pour garder le conducteur éveillé.
NHTSA a déjà à traiter neuf incidents ainsi qu’un décès dans le cadre du dossier EA26002, et Tesla a admis que sa propre correction logicielle n’aurait permis d’éviter que trois de ces accidents. Ces vidéos montrant des conducteurs endormis illustrent simplement le comportement encouragé par la conception de Tesla. La vraie question est de savoir si l’équipe de Duffy répondra honnêtement avant la date limite, ou bien laissera les choses en l’état, comme le DOT a fait pour la plupart des questions relatives à la sécurité de Tesla. Nous resterons vigilants, et vous pouvez bien sûr suivre notre enquête en cours sur les accidents mortels liés aux systèmes Autopilot et Full Self-Driving de Tesla.