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Marché

2 100 € : le surcoût à payer pour fabriquer les batteries des voitures électriques en Europe

2 100 € : le surcoût à payer pour fabriquer les batteries des voitures électriques en Europe

26/09/2026 13:30

Mis à jour le

26/09/2026 13:30

L’Union européenne cherche des moyens de renforcer l’industrie automobile locale, et l’un de ses piliers concerne les voitures électriques, en veillant à ce que de nombreux de leurs composants, en particulier les batteries, soient fabriqués sur le territoire européen. Le problème est que, selon une analyse récente de Bruegel, ces exigences pourraient augmenter en moyenne de 2 100 euros le coût de production d’un modèle électrique conventionnel.

Ce chiffre provient du coût des cellules de batterie, car, selon le rapport, leur fabrication en Europe ferait passer leur coût estimé de 50 euros par kWh à 85 euros par kWh. Pour une batterie de 60 kWh, capacité typique d’une voiture électrique, la différence de 35 euros par kWh se traduit par environ 2 100 euros supplémentaires par véhicule.

Batterie CATL

Partie de la loi Industrial Accelerator

L’exigence d’un contenu européen fait partie de la loi Industrial Accelerator, une proposition présentée par la Commission européenne en mars 2026 et qui est encore en cours de négociation. Ses conditions ne concerneraient pas tous les véhicules électriques vendus dans l’Union européenne, mais principalement ceux qui souhaitent bénéficier de certains mécanismes de soutien public, tels que des subventions à l’achat (voir le Plan Auto+) ou des incitations destinées aux véhicules d’entreprise.

Afin qu’un véhicule puisse bénéficier de ces mécanismes, la proposition prévoit que l’assemblage final ait lieu dans l’Union européenne et que au moins 70 % de la valeur de ses composants non liés à la batterie provienne du bloc communautaire. De plus, dans le cas des achats publics, la batterie devrait intégrer au moins trois composants principaux d’origine européenne, y compris les cellules. Il convient de noter que le critère d’origine sera déterminé par le lieu de fabrication et non par celui de la marque, de sorte que les cellules produites par des entreprises asiatiques dans des usines situées en Europe pourraient être considérées comme européennes.

Le problème, c’est que les coûts supplémentaires liés à la production européenne ne s’arrêteraient pas là : d’autres coûts associés viendraient encore augmenter le prix des véhicules électriques, comme par exemple l’exigence d’utiliser de l’acier à faibles émissions, ce qui ajouterait environ 200 euros par véhicule. À l’opposé, la simplification des normes d’homologation des véhicules prévue par la Commission européenne permettrait de réduire les coûts pour les fabricants de plus de 700 millions d’euros par an ; cependant, répartis sur les 11,4 millions de véhicules produits chaque année dans l’UE, ce montant équivaudrait à environ 61 euros par unité.

Quelque chose que les acheteurs finiront par payer

Tous ces chiffres indiquent une surcoût pour les fabricants, qui n’aurait pas nécessairement pour conséquence une augmentation identique du prix final payé par le consommateur. L’impact sur le prix de vente dépendrait de la manière dont ce surcoût serait réparti au sein de la chaîne de production et de commercialisation, mais les auteurs de l’étude ne sont pas très optimistes à ce sujet.

« Les consommateurs et les contribuables assumeront les coûts de cet accord à travers des prix de véhicules plus élevés, des subventions à la demande, des subventions à la production et une perte de revenus due à une moindre pression concurrentielle sur les entreprises établies », expliquent-ils.

Ils estiment que le problème de l’Union européenne réside dans son désir de faire trop en même temps : « Le chemin le plus économique et le plus rapide vers l’électrification des véhicules passe par des chaînes d’approvisionnement mondiales compétitives, tandis que le chemin le plus résilient passe par des chaînes nationales. Le package de mesures destiné au secteur automobile tente d’atteindre ces deux objectifs en même temps, à des coûts qui restent pour l’essentiel cachés aux yeux du public. »