Le monde de l’automobile en une semaine : les véhicules électriques dominent 30 % de l’Europe, SEAT est menacé, tandis que BYD construit son « empire européen »

Principaux événements automobiles du 11 au 18 septembre 2026
Ce week-end s’est avéré être l’un des plus significatifs ces derniers mois. Le marché européen des véhicules électriques a connu une accélération inattendue, bien supérieure aux prévisions ; les constructeurs chinois envisagent désormais non seulement de vendre, mais aussi de produire en masse des voitures et des camions au sein de l’UE, tandis que Volkswagen pourrait prendre une mesure qui semblait il y a encore peu impensable : abandonner officiellement la marque SEAT.
Parallèlement, le marché américain évolue dans une direction complètement différente : GM continue d’investir dans les pick-up diesel, et une grande partie des usines américaines de véhicules électriques prévues a déjà été gelée ou annulée.
Nous avons sélectionné neuf événements survenus au cours des sept derniers jours, qui illustrent le mieux le nouvel équilibre des forces dans l’industrie automobile mondiale.

1. Les véhicules électriques représentent déjà 30,5 % du marché européen
Le chiffre le plus important de la semaine provient probablement d’Europe.
En août, les immatriculations de véhicules électriques purs dans 16 pays européens clés ont augmenté de 54,2 %, atteignant 202 833 véhicules. Grâce à cela, les BEV ont obtenu un taux record de 30,5 % du marché des voitures neuves. Depuis le début de l’année, les Européens ont déjà immatriculé plus de 1,67 million de véhicules électriques, ce qui représente une hausse de 33,1 % par rapport à l’année précédente.
Certains pays sont particulièrement impressionnants : la Norvège avec 98,7 %, le Danemark avec 85,9 %, la Finlande avec 52,3 % et les Pays-Bas avec 48,9 %. Mais ce qui est encore plus important, c’est que les EV ne sont plus réservés aux marchés de niche : en France, leur part atteint 38,3 %, et en Allemagne 32,5 %.
Cela dépasse de loin les prévisions qui tablaient encore récemment sur environ 21–23 % de BEV d’ici 2026.
Pourquoi c’est important pour l’Ukraine. Le marché européen des voitures neuves est en réalité le marché secondaire ukrainien, avec un retard de 3 à 5 ans. Par conséquent, cette hausse actuelle signifie une offre énorme de voitures électriques d’occasion à la fin de la décennie.
Et il ne s’agira plus principalement de Tesla, Nissan Leaf ou Volkswagen ID.3. Des Renault 5, Skoda Elroq, de nouvelles Volkswagen, BMW, Hyundai, Kia, ainsi que de plus en plus de modèles chinois arriveront en masse en Ukraine.

2. SEAT pourrait devenir la première grande victime de l’expansion chinoise
L’une des nouvelles les plus retentissantes de la semaine : l’avenir de SEAT est désormais sérieusement mis en doute.
Reuters rapporte que une restructuration majeure du groupe Volkswagen pourrait en fait signifier la fin de la marque SEAT en tant que marque automobile indépendante. La raison en est une faible rentabilité, une concurrence interne avec Skoda et Cupra, ainsi qu’une pression de plus en plus forte de la part des constructeurs chinois.
Cupra, quant à elle, montre une dynamique bien meilleure et dispose d’une marge plus élevée. La logique de Volkswagen est donc claire : pourquoi conserver deux marques proches si l’une d’elles génère plus de profits ?
Reuters qualifie la disparition potentielle de SEAT de première grande marque automobile à risquer d’être sacrifiée face à la concurrence chinoise en Europe.
Cela a une importance pratique pour l’Ukraine. Les modèles SEAT Leon, Ibiza, Ateca et Tarraco sont bien représentés sur notre marché de l’occasion. Même si la marque cesse de produire des voitures, il n’y aura pas de problèmes de pièces de rechange de base, car la plupart des composants sont identiques à ceux de Volkswagen, Skoda et Audi.
Cependant, la valeur résiduelle des modèles spécifiques SEAT pourrait diminuer.
Ici se manifeste une tendance bien plus large : dans les années à venir, une consolidation des marques automobiles pourrait bel et bien commencer en Europe.

3. BYD souhaite trois usines automobiles et une usine de batteries en Europe
La chinoise BYD ne cache plus l’ampleur de ses ambitions en Europe.
Alfredo Altavilla, conseiller de l’entreprise, a déclaré que BYD aurait besoin à terme de trois usines de montage ainsi qu’une entreprise distincte pour la production de batteries en Europe.
Les constructeurs chinois recherchent activement des sites de production en Europe, anticipant les futures exigences de l’UE concernant la proportion de composants locaux.
C’est un changement stratégique fondamental.
Au début, les entreprises chinoises exportaient des véhicules depuis la Chine. Ensuite, elles ont commencé à construire des usines de montage. Aujourd’hui, elles forment toute une chaîne de production européenne — de la batterie au véhicule fini.
Pour l’Ukraine, il s’agit plutôt d’une bonne nouvelle. La production européenne de BYD signifiera une meilleure logistique pour les pièces détachées, davantage de spécifications européennes et un nombre bien plus important de véhicules d’occasion dans quelques années.
Ainsi, le risque d’acheter un BYD d’occasion à la fin de la décennie pourrait être complètement différent du risque d’acheter aujourd’hui un véhicule électrique chinois peu connu.

4. BYD attaque désormais également le marché européen des camions
Lors de l’IAA Transportation à Hanovre, BYD a confirmé sa prochaine étape : l’entrée sur le segment des camions lourds.
L’entreprise prévoit de lancer sur le marché européen son premier camion électrique lourd dès l’année prochaine, puis de localiser la production de ses camions en Europe.
Ce sont un signal très sérieux pour Daimler Truck, Volvo, Scania et MAN.
La concurrence chinoise, qui a d’abord transformé le marché des véhicules électriques de tourisme, arrive désormais dans le segment le plus rentable du matériel commercial européen.
Ce sujet est particulièrement intéressant pour l’Ukraine. Notre parc de camions est en grande partie composé de véhicules d’occasion provenant de l’UE. Si les camions électriques deviennent courants en Allemagne, aux Pays-Bas et en Scandinavie, ils commenceront à apparaître dans le marché d’occasion ukrainien dans quelques années.
Cependant, la principale contrainte ici ne sera plus le prix du véhicule lui-même, mais plutôt l’infrastructure de recharge.

5. L’hydrogène est revenu de manière inattendue sur la scène majeure
IAA Transportation a révélé une autre tendance intéressante : les grands constructeurs de camions ne sont pas encore prêts à miser exclusivement sur les batteries.
Daimler Truck, Volvo Group, Toyota, Bosch, Air Liquide, TotalEnergies ainsi que plusieurs entreprises d’infrastructure ont formé une coalition pour développer l’infrastructure de transport à hydrogène en Europe.
Daimler a déjà présenté le Mercedes-Benz NextGenH2. La première série de 100 camions à hydrogène devrait être produite d’ici la fin de 2026, tandis qu’une production en série à grande échelle est attendue au début des années 2030.
Le raisonnement des constructeurs est simple : pour un camion de longue distance, une batterie à grande capacité entraîne une masse supplémentaire et une charge utile réduite.
Cela est important pour l’Ukraine non pas aujourd’hui, mais sur le plan stratégique. Si l’Europe construit réellement des corridors de transport à l’hydrogène, l’Ukraine pourrait potentiellement en devenir le prolongement — surtout en ce qui concerne les transports internationaux de marchandises.
Mais pour l’instant, les camions à batteries semblent être une technologie bien plus proche d’une commercialisation de masse.

6. McLaren a capitulé face aux SUV
Il existe une autre tradition automobile qui semble être définitivement morte : un constructeur de supercars sans véhicule tout-terrain.
La société McLaren a annoncé des investissements de 500 millions de livres sterling (675 millions de dollars) dans la production britannique et le développement de nouveaux modèles. Le principal d’entre eux sera le premier SUV de l’histoire de la marque.
L’entreprise créera une nouvelle usine de montage au Royaume-Uni et prévoit de développer elle-même des moteurs et des boîtes de vitesses. D’ici 2032, ce programme devrait créer près d’un millier d’emplois.
Cependant, McLaren ne prévoit pas pour l’instant de voiture électrique, justifiant cela par l’absence d’une demande suffisante de la part de ses clients.
Dans les communautés automobiles, les réactions sont prévisibles : les puristes ont considéré ce SUV comme une trahison de la philosophie de la marque, tandis que d’autres rappellent l’expérience des Porsche Cayenne, Lamborghini Urus et Ferrari Purosangue — ce sont précisément ces véhicules utilitaires de luxe qui permettent aux constructeurs de financer la création de vrais sportifs.
Pour l’Ukraine, les conséquences directes sont minimes, mais cette tendance est révélatrice : le SUV est désormais définitivement devenu le format de voiture le plus important, même dans le segment de prix le plus élevé.

7. GM va à l’encontre de la tendance : le prochain Silverado restera diesel
Pendant que Ford et Ram développent activement des pick-ups hybrides, [General Motors](https://www.gm.com/?utm_source=chatgpt.com) a choisi de suivre une autre voie.
Les prochains Chevrolet Silverado et GMC Sierra seront équipés d’un moteur diesel 3,0 litres mis à jour, ainsi que de deux nouveaux moteurs essence V8.
Avec un réservoir d’essence agrandi, la version diesel pourra parcourir plus de 900 miles – environ 1450 km – sans ravitaillement.
À titre de comparaison, Ford a déjà abandonné le F-150 diesel au profit d’un modèle hybride, tandis que Ram prépare un hybride rechargeable à extension de portée.
Pourquoi c’est intéressant pour l’Ukraine : les Silverado et Sierra arrivent régulièrement chez nous provenant des ventes aux enchères américaines. Et pour nos conditions, le 3.0 Duramax reste potentiellement une solution bien plus pratique qu’un lourd pick-up électrique.
Cette histoire montre également que, même à la fin de la décennie, les moteurs à combustion interne ne disparaissent pas du jour au lendemain. Dans certains scénarios – remorquage, longues distances parcourues, régions éloignées – le diesel restera compétitif pendant longtemps.
8. GM a manqué la vague américaine des véhicules hybrides
L’ironie, c’est que General Motors fait face en même temps à un problème complètement différent.
Les acheteurs américains passent actuellement en masse aux véhicules hybrides, mais GM ne peut pratiquement rien leur proposer. Selon Reuters, les concessionnaires rapportent que les clients demandent de plus en plus directement des versions hybrides, principalement en raison des prix élevés de l’essence.
Toyota, Honda, Hyundai, Kia et Ford ont obtenu un avantage considérable, tandis que GM a misé sur un passage rapide des moteurs à combustion interne aux véhicules électriques.
Aujourd’hui, l’entreprise doit revenir aux technologies hybrides.
Pour l’Ukraine, cette situation est très familière. C’est précisément le véhicule hybride classique qui est aujourd’hui souvent le choix le plus polyvalent : pas de dépendance à des infrastructures de recharge, une consommation de 4 à 6 l/100 km, et une batterie relativement petite.
La tendance actuelle aux États-Unis signifie que, dans quelques années, on comptera beaucoup plus de SUV hybrides sur Copart et à l’IAA.
9. L’Europe se prépare à 25 000 voitures de taxi autonomes Lucid
Une autre technologie cette semaine a fait un grand pas, passant de l’expérimentation au domaine commercial.
La plateforme estonienne Bolt et l’américaine Lucid Motors ont convenu de créer un parc d’au moins 25 000 véhicules autonomes en Europe. À long terme, Bolt souhaite porter ce parc à 100 000 véhicules d’ici 2035.
Ces véhicules seront conçus sur la future plateforme Lucid Midsize et équipés du système Nvidia Hyperion. Il s’agit déjà du niveau SAE 4 — c’est-à-dire que la voiture peut se gérer entièrement dans une zone définie sans intervention du conducteur.
Pour comparaison, la plupart des systèmes actuels restent au niveau 2.
Pour l’Ukraine, il y a ici un aspect très intéressant : Bolt est l’un des acteurs majeurs de notre marché des taxis. Bien sûr, l’apparition de voitures-taxis à Kiev est peu probable dans un avenir proche, mais sur le plan technologique, cette idée n’est plus de la fantaisie.
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Le chiffre de la semaine — 30,5 %
C’est exactement cette part de marché des voitures neuves dans 16 pays européens clés que représentent les véhicules électriques en août.
Ce qui est encore plus intéressant, c’est le taux de croissance : +54,2 % en seulement un an.
Ce chiffre change notre perception du futur marché secondaire ukrainien.
Si aujourd’hui déjà un tiers des nouveaux véhicules dans la partie européenne sont électriques, d’ici la fin de la décennie un tiers des véhicules âgés de 3 à 5 ans que les Ukrainiens chercheront en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Belgique seront également potentiellement des véhicules électriques.
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À ne pas manquer ces prochains jours
Ces week-ends offrent deux événements automobilistiques intéressants.
Jusqu’au 20 septembre, l’IAA Transportation 2026 se tient à Hanovre – l’un des principaux salons mondiaux dédiés aux camions, aux bus et aux technologies de transport. C’est ici que l’on peut voir le mieux l’avenir des transports commerciaux : batteries, chargeurs haute puissance, hydrogène, Euro 7 et logistique autonome.
Aujourd’hui, le 18 septembre, débute le Goodwood Revival 2026, qui se poursuivra jusqu’au 20 septembre. Cette année, le thème central sera le centenaire de l’histoire sportive de Maserati, le 80e anniversaire de la Vespa, ainsi que la célébration de Jack Brabham et Barry Sheene. Des Grand Prix historiques, des sportives et des voitures de tourisme monteront sur la piste, et Jensen Button est parmi les participants annoncés.
Tendance majeure de la semaine
Cette fois, l’image est particulièrement claire : le monde de l’automobile ne passe pas des moteurs à combustion interne aux véhicules électriques selon un seul scénario – il s’oriente plutôt vers plusieurs voies en même temps.
L’Europe a déjà dépassé la barre psychologique des 30 % de véhicules électriques. BYD prépare trois usines automobiles en Europe, une usine de batteries et son entrée sur le marché des camions lourds. Bolt et Lucid ne parlent plus de quelques dizaines de taxis autonomes en essai, mais d’un parc de 25 000 véhicules autonomes.
En même temps, GM développe un nouveau moteur diesel offrant une autonomie d’environ 1450 km, McLaren lance un SUV à la place d’un véhicule électrique, tandis que Daimler et Volvo investissent dans des camions à hydrogène.
Ainsi, la conclusion principale pour le conducteur ukrainien est simple : les années à venir nous offriront non pas une seule technologie gagnante, mais le plus grand choix de motorisations depuis l’histoire de l’automobile.
Véhicules électriques pour la ville, hybrides en tant que solution polyvalente, moteurs diesel pour de longues distances, camions électriques pour la logistique régionale, hydrogène pour les transports interrégionaux — chaque technologie cherche à trouver sa propre niche.
Et le deuxième changement est encore plus important. La Chine ne se contente plus de vendre des voitures en Europe. Elle devient partie intégrante de l’industrie automobile européenne, grâce à des usines, des batteries, du logiciel, des camions et des partenariats technologiques.
La possible disparition de SEAT dans ce contexte ne semble pas être une histoire corporative isolée, mais plutôt un symbole d’une restructuration bien plus importante qui ne fait que commencer.